Travail de mourir (Le), d'Emmanuelle Pagano, aux Éditions Les Inaperçus

Avec des photographies de CLAUDE ROUYER.

          Le travail de mourirUn portrait de tricoteuse, femme d'un croque-mort, Parque insolite et poétique, tante de la narratrice. Autour de ce personnage, un tricotage de souvenirs d'enfance qui mènent en douceur, mais non sans acidité, vers l'écriture.

Un livre de la Sélection du Prix Grain de Sel 2015

Extrait :

          « Comme je voulais l'imiter, mes parents m'avaient offert un tricotin rouge et vert, qui restait chez ma tante. Je le reprenais dans mes mains à chaque fois que je revenais ici, et je tricotais en rond. Je fabriquais des tubes de laine, des tresses, des ganses, des foulards, ma tante me félicitait, mais moi j'aurais voulu utiliser sa machine, ce qui était formellement interdit. Quand je faisais mine de m'approcher et de tendre une main vers la housse, elle arrivait en boitant pour me donner une petite tape sur le dos de la main. J'en avais marre de créer en rond, j'ai fini par abandonner le tricotin et j'ai rabattu mes envies d'art sur une machine à écrire, puis d'un ordinateur, et depuis j'écris des histoires, mais dans un seul style et d'une seule couleur. Le pli était pris parce que le plus souvent j'écris en rond, comme avec mon tricotin, ce que j'écris n'a pas vraiment de début, pas de fin, et je reviens toujours au même endroit du récit. J'écris à l'endroit, à l'envers, en boucle. J'écris sur ma famille, sur la ferme où sont nés ma tante, ma mère et tous leurs frères et sœurs, une ferme au milieu des steppes sculptées par les troupeaux. » (P. 4)

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×