Poésie du Gérondif (La), de Jean-Pierre Minaudier, aux Éditions du Tripode

   Poesie du gerondifCe petit livre ouvre des mondes. L'auteur, passionné de grammaires, suggère à partir d'exemples précis puisés dans des langues aussi exotiques et improbables pour le lecteur que l'urarina, le kwasa, l'andoque, le Karuk ou le washo, mais aussi le coréen, le finlandais ou le basque, une infinité d'univers compossibles, ceux que construisent pour leur locuteurs les particularités grammaticales de leur langue. Ainsi, le kayardild soumet-il les noms, donc les êtres et les choses, à la catégorie du temps (comme les verbes), l'abui précise-t-il par la conjugaison à quel degré l'action du verbe affecte son objet...

    J.P. Minaudier raconte ces rencontres avec autant d'érudition que d'humour.

    Beau travail de l'éditeur pour cet ouvrage dont la maquette a été réalisée par Oskar et à Denis Dubois et qui a engagé un prodigieux et remarquable travail typographique.

   De page en page, 131 citations de grammaires, dans leur langue originale, apparaissent en marge. Leur traduction est donnée à la fin de l'ouvrage.

 

Extrait :

    "D'autres langues nord-américaines, comme le keres, le zuni des pueblos du Nouveau-Mexique [...] sont presqu'aussi complexes que les langues athapascanes, mais très différemment structurées. À la lecture de certaines grammaires, on a parfois l'impression que des peuplades qui s'ennuient ferme depuis trois millions d'années à garder les chèvres en contemplant les étoiles ont consacré une part notable de leur énergie à complexifier leurs idiomes afin que nul ne puisse les comprendre (les plus belles langues sont celles qui servent à ne pas communiquer !) mais aussi parce que leur langue est, ou était, leur seule richesse, leur seule élégance, leur bijou."

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