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Rencontre de deux auteurs à propos d'un strudel aux pommes

Ce mercredi 25 novembre Adeline Nebojsa et Eric Pessan étaient conviés à échanger autour d'une nouvelle "Le Strudel aux pommes" parue aux éditions Lunatique.Adeline nebojsa

Adeline Nebojsa est à la fois auteure et ex-journaliste. Elle a vécu quelques années en Serbie et ses écrits sont influencés par les lieux, le contexte de guerre et par des personnages  façonnés par les évènements.

Eric Pessan présente l'ensemble des oeuvres d'Adeline Nebojsa : un premier roman "La toute petite fille monstre" 2011, une première nouvelle "Yolanda" 2014 et une deuxième nouvelle "le strudel aux pommes" 2015 tous parus aux éditions Lunatique.

Cette dernière nouvelle fait partie de la sélection. Tsi est le fruit illégitime des amours d'un rabbin et d'une chrétienne. Enfant non reconnue, mal aimée, elle mime, en enterrant un chat, la mort de son père. Elle essaie de suivre un rituel juif qu'elle ne maîtrise pas pour pouvoir respecter les croyances de ce père. Ce texte bien que très court pose beaucoup de questions : la reconnaissance, la nécessité de l'amour pour se construire, le poids de la religion, du regard des autres, l'importance des rites, du lien qu'ils représentent et de leur pouvoir libérateur... Le strudel aux pommes sera le moyen de tisser des liens, de parler de ce père absent mais supposé mort ... "Elle parlera à son fils de ses aïeux, qu'il ne soit pas né de rien. Elle imaginera pour lui leur légende...Mémoire trafiquée..."

Toutefois c'est ce premier roman déroutant "La toute petite fille monstre" qui retient particulièrement l'attention dans le contexte des évènements qui ont secoué l'actualité.  Pour cette fiction elle s'est inspirée d'un article lu dans un journal des balkans. Elle n'a pas changé les noms et essaie de raconter l'innommable, le caractère monstrueux de l'être humain dans un contexte de guerre.

Une arme et un uniforme peuvent transformer les êtres en leur donnant une puissance qu'ils n'avaient pas auparavant et la capacité de dominer les autres..."mieux vaut l'honnêteté d'une rafale de mitraillette que le supplice de l'espérance"....

L'objectif d'Adeline Nebojsa est de remettre en question nos confortables normes, de regarder les zones sombres de nous-mêmes, de nos autres nous-mêmes sans jamais chercher à être moralisateur.

Elle prépare un prochain roman "la compassion" qui paraîtra en 2016

 

Rencontre littéraire

Page d'accueilMercredi 25 novembre 2015 à 18h30

Le Sel des Mots recevra A. Nebojsa auteure de "Le Strudel aux pommes"

paru aux éditions "Lunatique"

Elle sera questionnée par Eric Pessan

La rencontre aura lieu chez "Lecture Gourmande " 6 promenade du port au Pouliguen

Entrée gratuite. Les consommations sont à la charge de chacun

Rencontre avec l'artiste André Jolivet

2015 05 10 andre jolivet portraitC'était la dernière rencontre organisée par Le Sel des Mots dans le cadre des animations autour de La vie littéraire du Prix Grain de Sel 2015, et elle a été exemplaire des "interférences de territoires intellectuels" pour reprendre la belle formule de Frédérique Manin, Médiatrice du Livre.

Ce fut un vrai plaisir de découvrir l'œuvre du plasticien André Jolivet, présentée par l'artiste en personne interrogé par Éric Pessan dans ce lieu si convivial qu'est Lecture gourmande sur la Promenade du Pouliguen.

 

 D'origine bretonne, installé à Plougonven, André Jolivet se présente comme un peintre, un photographe, un écrivain. Dès ses débuts, il a mêlé dessin et écriture, a porté un grand intérêt aux rapports entre l'image et l'écrit en faisant de fiches comptables ou de factures les supports de ses dessins. Il l'annonce d'emblée : « Pour moi, un écrivain est un artiste. » Un livre d'artiste est une œuvre d'art où se découvrent autant un texte qu'un travail plastique.

André Jolivet a ainsi réalisé plus de cent cinquante livres d'artistes avec ses propres textes ou en collaboration avec des auteurs.

Livres reduc

 

Les textes qu'il a eu envie d'accompagner sont ceux qui le « font voyager. » « Un texte, dit-il, c'est la part du rêve. J'essaie d'en dégager une image, une première, puis une deuxième... Ce ne doit pas être une illustration.»

Dsc02097essai reducLui-même est venu à l'écriture au début à partir de lettres, de mots, de signes ou de symboles souvent repris comme le motif du cercle ou du point, ou celui du hameçon. Leur formes récurrentes se retrouvent aussi sur les toiles de l'artiste. Il aime jouer avec la typographie. Le texte ne se donne pas dans l'évidence d'une lisibilité linéaire, il faut le reconstituer sur la page pour le voir apparaître car il convient de « ne pas trop expliquer le travail plastique. Chacun, chaque lecteur a son chemin. »

 

L'artiste présente son livre Le Langage des signes, coédité par Le Mot et Le reste et la Bibliothèque municipale de Brest à l'occasion d'une exposition. Elle rassemblait le fonds important de cette bibliothèque comprenant nombre de livres d’artistes témoignages du parcours artistique et des inspirations d'André Jolivet de 1995 à 2011.

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André Jolivet en profite pour préciser la distinction entre les livres d'artiste et les livres d'art. Les premiers comportent des œuvres originales, dessins, estampes, qui sont tirés à quelques exemplaires (de un à vingt), chacun étant unique puisque le travail y est fait à la main. Les seconds sont réalisés à partir de reproductions et leur format peut être réduit. Leur coût moindre leur permet alors d'être accessibles à un public plus large.

Le papier d'un livre d'artiste est lui aussi unique. Par exemple, A. Jolivet travaille au gaufrage de son papier. Il lui donne un toucher particulier, il s'assure de sa qualité pour absorber les encres et les dorures.

De tels livres d'artistes sont exposés dans des bibliothèques, comme cela a été le cas à Brest, dans des galeries d'art et, parfois, dans une ou deux librairies à Paris.

 

Decouvrir les livresComment travaille André Jolivet ? L'artiste se déplace beaucoup, et à pied. Il amasse alors quelques croquis et beaucoup de photos parmi lesquelles le choix sera en définitive étroit. Il est souvent accueilli en résidence, en Bretagne parce que la culture bretonne l'a marqué, qu'il trouve là une influence de l'enfance et que la mer est importante pour lui. Mais A. Jolivet est aussi allé en Allemagne, en Ukraine, en Pologne...

Son atelier, en Bretagne, est un lieu de travail, où il revendique parfois « de ne rien faire », car « ça chemine dans le temps. »

Il arrive qu'il ait à solliciter des auteurs autour d'un thème, ainsi pour la série « Le Monde des Îles », à laquelle Éric Pessan a contribué par un texte sur la Guadeloupe. Mais il ne lui est arrivé qu'une seule fois de faire une demande à un autre artiste pour un texte parce que, explique -t-il, « je n'ai pas forcément envie d'éditer le travail d'autres peintres. Je ne suis pas éditeur, mais artiste

E pessan lit reducDsc02098 reducPour terminer, Éric Pessan lit un passage de Guadeloupe, fabuleux texte qu'il faut entendre pour en goûter la musique créée par les onomatopées et mots articulés-désarticulés comme autant de variations autour du chant de crapauds en soirée.

 

Le public peut alors feuilleter les livres et les cartons à dessins apportés par l'artiste. Les peintures sont admirables, colorées comme certains univers orientaux, étoffes, tapis. Des formes apparaissent, des silhouettes mi-humaines, mi-animales, végétales aussi, et surtout géométriques, des signes ou des symboles où le cercle revient souvent. Il y a quelque chose de cosmique dans cet univers plastique qui saisit le regard et l'emporte d'œuvre en œuvre.

 

Pour poursuivre la soirée, la rencontre se prolonge autour d'un repas sur place avec des spécialités de Lecture gourmande.

  

Pour en découvrir davantage sur les éditions Le Mot et le reste, cliquer ICI.

Les livres édités par Le Mot et le reste sont disponibles dans les librairies partenaires du Sel des Mots : L'Esprit large à Guérande et L'Embarcadère à Saint-Nazaire (au rayon musique).


 


 


 

Rencontre avec Emmanuelle Pagano

      Passionnante rencontre avec Emmanuelle Pagano, mercredi 29 avril à la bibliothèque Anita Conti à La Turballe.

      C'est un plaisir qu'une soirée avec Emmanuelle Pagano. Interrogée par Éric Pessan, elle parle volontiers et avec précision de ses recherches et du travail d'écriture. Cette ouverture permet au lecteur de découvrir comment sont nées les œuvres et quelles relations sont nouées entre elles et l'auteure, tout en préservant la part autobiographique la plus intime.

      Dsc02049reducLes ouvrages écrits sont déjà nombreux, ils sont disposés sur la table devant l'auteure qui entame cette rencontre par la lecture d'un extrait du Travail de mourir, publié aux éditions Les Inaperçus, et présent dans la sélection du Prix Grain de Sel 2015. Lors du salon Nau Belles Rencontres littéraires, nous avions déjà eu la chance d'écouter Emmanuelle Pagano lire En cheveux et Ligne 12. Nous avions déjà pu apprécier sa voix légèrement voilée, sa diction glissante, un peu chantante, ou parfois saccadée qui servent bien ses phrases elliptiques au rythme souple.

      Le Travail de mourir (fiche) donne d'emblée l'occasion d'aborder la question de la part autobiographique dans l'écriture des romans. L'auteure n'écrit qu'à partir de faits qui se sont réellement passés, les personnages sont construits à partir des personnes qu'elle connaît. L'écriture opère des glissements, des juxtapositions à partir de ces éléments bien réels. Ainsi un oncle a servi de modèle à celui que l'on rencontre dans Le Travail de mourir, mais cet homme est encore vivant, et n'a jamais été croque-mort. E. Pagano ne tricote pas, mais le thème de la laine présent dans ce roman est un écho de l'histoire familiale : les grands-parents maternels producteurs de fromage élevaient des brebis. Les Adolescents troglodytes est bien, comme le souligne É. Pessan, « un mélange d'éléments biographiques et de fiction », mais de façon décalée : le personnage de transsexuelle a beaucoup de l'auteure alors qu'elle n'est pas transsexuelle. On retrouve le même procédé dans Le Tiroir à cheveux où, en se mettant à la place du personnage de la voisine, l'auteur a pu parler d'elle. Inversement, L'Absence d'oiseaux d'eau est l'ouvrage le plus autofictionnel d'E. Pagano, alors qu'il est le « plus loin » d'elle.

      Il arrive que l'écriture ainsi suscitée explore de façon quasi médiumnique des veines insoupçonnées. Ainsi la ferme jouée aux cartes et perdue par l'arrière-grand-père fait-elle peut-être retour dans « le lieu perdu » évoqué dans Le Travail de mourir.

      Consciente de ces interférences, E. Pagano s'intéresse désormais à la psychogénéalogie des lieux de vie.

      Dsc02048reducCe qui est certain est que « l'écriture m'a aidée à me structurer », dit-elle, en précisant : « si je n'avais pas écrit, je pense que je serais devenue borderline. ». L'écriture permet d'explorer ces zones « borderline ». Et plus important encore : « Il faut travailler sur les fragilités, sur ce qu'on ne sait pas faire. » Ainsi le travail d'écriture est-il au plus près de celui d'un tissu de soie.

      L'autre source des romans est toujours une solide documentation. Le tome 2 de la Trilogie des rives actuellement en cours d'écriture (Le tome 1, Ligne & Fils est vient de paraître chez P.O.L) a nécessité 2 ans de recherches consignées dans 50 dossiers de documents écrits ou scannés. Ce goût pour le document,'E. Pagano le manifeste jusque dans ces choix cinématographiques : elle marque son intérêt pour les films documentaires comme le magnifique et bouleversant Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman. Il souligne sa relation toujours forte au réel. C'est dire combien l'invitation du Musée des Confluences de Lyon à écrire un texte dont la matière serait un objet de ses collections a pu la toucher. C'est de cette sollicitation qu'est né le très beau récit En cheveux, publié aux éditions Invenit. Il y est question d'un fabuleux châle en soie de mer...

      Dsc02050reducLe Travail de mourir ouvre aussi la question de la place des images dans l'écriture. Pour ce roman, c'est la photographe, Claude Rouyer (voir le site de l'artiste ICI) qui a initié le travail à partir d'une de ses séries de photographies, Les Veuves. L'éditeur a ensuite publié le texte mais en imposant son propre choix parmi les photos qui avaient inspiré le texte. Emmanuelle Pagano le dit : « j'aime les images , « je ne me méfie pas des images. » Elle aurait voulu être photographe, faire des films, a suivi des études d'Arts du Spectacle Audiovisuel, option cinéma. Elle est agrégée d'arts plastiques. Cette importance des images est d'autant plus remarquable que l'écrivaine n'en use qu'avec rigueur dans son écriture. Il faudrait que le lecteur cherche longtemps pour trouver dans un livre d'E. Pagano une comparaison ou une métaphore décorative ! Elle use d'une langue précise, en prise avec le réel, où la figure fait prendre corps à ce qu'elle évoque. L'image doit « apporter un sens, du réalisme, de l'histoire, sinon ce n'est pas nécessaire », disait déjà E. Pagano dans une interview au Matricule des Anges, n° 96, de novembre 2008.

      C'est donc tout naturellement que l'écrivaine a récemment travaillé avec un chorégraphe, autre façon d'explorer concrètement la mise en espace de l'écriture, « le texte sort du livre .»

      Y a-t-il un lieu favorable à l'écriture pour E. Pagano qui a souvent écrit en résidence ces dernières années ? « J'ai besoin d'être en résidence pour avoir des sous, pas pour écrire, dit-elle, mais ces changements de lieux font découvrir des choses », par exemple l'univers des marais qu'elle trouve fascinant depuis une résidence au lac de Grandlieu. Elle reconnaît aussi qu'il est intéressant parfois d'être à distance pour écrire sur un sujet.

      Son rapport aux commandes d'écriture, nombreuses, qui lui sont passées est jugé « stimulant ». Il fixe un cadre et un délai. Cependant, il est impossible d'honorer toutes les commandes, et d'ailleurs P.O.L, l'éditeur d'E. Pagano, ne le veut pas.

      Au passage, elle rend hommage à cet éditeur capable de publier un livre sans indiquer « roman » sur la couverture en guise d'argument commercial. P.O.L préserve un espace d'écriture. Il affirme également cette volonté en éditant des quatrième de couverture qui exposent de façon neutre un extrait de l'ouvrage.

      Dsc02051reducTout au long de cette rencontre, initiée par Le Travail de mourir et son personnage de tricoteuse à domicile, a couru le thème du fil, du tissu, du tissage, du texte. On y trouve un châle, une chevelure dénouée (En cheveux), des cheveux qui peuvent être aussi cordons ombilicaux (Le Tiroir à cheveux), une toile d'araignée (Les Mains gamines), une navette (Les Adolescents troglodytes). Explorer ce thème serait toucher à une des sources du poétique dans l'œuvre d'E. Pagano. Chaque livre est un entrelacement, on l'a vu entre fiction et autobiographie, mais aussi entre, par exemple, passé et présent, légende et Histoire. Nouons-nous mêle, de l'aveu même de l'auteur, « toutes les histoires que je n'aurais pas le temps d'écrire. » Ce thème du fil est puissamment associé au thème de l'eau qui court, du lac matriciel au fleuve dont le courant entraîne le mouvement des moulinages. Il y a jusqu'à ce titre merveilleusement ambigu lorsqu'on le lit sans l'entendre prononcer : Ligne & Fils, qui joue sur l'évocation de la lignée familiale, du réseau aquatique, de l'étoffe tissée et du texte tracé où vie et mort sont mêlées.

On ne saurait trop recommander une visite du blog d'Emmanuelle Pagano où l'on trouvera des présentations de ses ouvrages, en particulier une vidéo passionnante où elle parle de Ligne & Fils : ICI

Merci à la bibliothèqie Anita Conti pour son accueil.

Auteurs et illustrateurs à NAU BELLES RENCONTRES Littéraires 2015

     Quelques jours avant NAU BELLES RENCONTRES Littéraires, voici une rapide présentation des auteurs et des illustrateurs que vous pourrez rencontrer sur le salon, soit sur le stand de leur éditeur, soit au cours des lectures ou discussions organisées (Voir le programmeAu programme de l'édition 20152015-02-17-maquette-pour-bat-programme.pdf (1.52 Mo))

Les auteurs

BERNARD AMY

Bernard amy 22"Né à Beyrouth (Liban) en 1940, Bernard Amy mène à côté de son activité d'ingénieur, depuis une expédition fondatrice au Kurdistan en 1969, une double carrière d'écrivain et d'alpiniste, curieux des expéditions lointaines (Fitz Roy en Patagonie, Atlas marocain, Mont Kétil au Groënland, Gurja Himal en Himalaya...) Il co-fonde la belle  revue « Passage » (1977), afin de parler autrement de l'alpinisme. Il est l'auteur de textes spéculatifs, abstraits, sur la montagne vue comme absolu, presque comme absence, et sur les pouvoirs du silence et de l’effacement."  Site des Éditions Le Tripode

« Tout grimpeur est à la fois un sportif dont la vie dépend de son habileté technique, un aventurier explorateur, un rêveur, un poète faisant dire à ses gestes la belle utilité de l’inutile, et, qu’il le veuille ou non, un arpenteur du ciel imprégné de symbolique et de mystique. », répond Bernard Amy lors d'une rencontre rapportée sur le blog de Claude Muller

Ouvrages récents :

- La réponse des hauteurs, Libris, 2006

- L'Alpiniste, Le Tripode, 2014  (lire la fiche de lecture ici), faisait partie de la sélection du Prix Grain de Sel 2015.

SERGE BERTIN

V book 139"Né au Mans en 1941, docteur en ethnologie (auteur d'une thèse sur le bal), Serge Bertin a longuement travaillé sur les cultures locales, notamment sur le langage et les traditions rurales, travail auquel il a toujours associé son épouse. Parallèlement, il n'a cessé de pratiquer la danse sous les formes les plus diverses. Son travail porte d'ailleurs actuellement sur cette activité." Site des Éditions Cénomane

Serge Bertin, accompagné de Jocelyne Bertin, présentera l'ouvrage qu'ils co-signent aux Éditions Cénomane Chevaux en souffrance. Ce livre est le premier à retracer l’histoire des marathons de danse en Europe, semblables à ceux qu'Horace Mac Coy a fait connaître dans son célèbre roman They Shoot Horses, Don’t They ?, immortalisé par le film de Sydney Pollack, On achève bien les chevaux. L'ouvrage est illustré par 150 photos d'époque.

VIRGINIE GAUTIER

V gautier site web"Virgine Gautier est née en 1969, elle vit à Montreuil-sous-Bois. Elle a étudié aux Beaux-Arts puis a mené un travail artistique en réalisant des sculptures, photographies, vidéos, et des œuvres in situ dans le paysage en développant une pratique autour des questions d’espace, de perception et de déplacement, qu’elle poursuit aujourd’hui en écrivant. Elle enseigne les Arts Plastiques en Seine-Saint-Denis."

Oeuvres publiées aux éditions du Chemin de fer :

 Les zones ignorées (vu par Gilles Balmet), 2010.
- Les yeux fermés, les yeux ouverts, 2015

JEAN-CLAUDE LEROY

V auteur 13"Né en 1960 à Mayenne, Jean-Claude Leroy a été tour à tour photographe, libraire itinérant, auxiliaire de vie, manœuvre intérimaire, éditeur, etc. Il a longtemps séjourné en Égypte et en Inde du sud, où il se rend encore régulièrement. Il a publié poèmes, nouvelles, articles dans diverses revues, anime Tiens, «revue locale d'expression universelle» ainsi que son extension sur la toile, le blog Tiens, etc. À partir de 1998, il a été coresponsable des éditions L'Éther Vague (chez Verdier depuis 2003).", site des Éditions Cénomane.

Ouvrages récents aux Éditions Cénomane

- Le temps pour Laure, en 2006

-  Entrée en matière, recueil de onze récits dans la veine du roman noir, en 2008

- Retrait, récit indien marié ici avec Voyage autour de mon atelier, un ensemble de dessins d'Éric Pénard, en 2010.

- Rien, seul, un premier roman paru en 2014, qui faisait partie de la sélection du Prix Grain de Sel 2015 (voir la fiche de lecture ici

Chez d'autres éditeurs, des ensembles poétiques : Assortis, la nuit, (Gros textes, 2002). Corrige la mort, (Wigwam, 2003).Procès de carence, (Gros textes, 2004). Où nul ne porte, (Pré#carré, 2004), Aléa second (Rougerie, 2013).

FRED MORISSE

Morisse chantdorties51411"Faute d’être devenu dessinateur, il barbouille des toiles et écrit. Inspirés de son vécu dans la grande banlieue de Paris, ses textes témoignent du quotidien entre barres et tours.", c'est ainsi qu'il se présente sur le site de son éditeur.

Son livre, Les Disparus de la cité fleurie, paru aux Éditions Chant d'orties faisait partie de la sélection du Prix Fleur de Sel 2015 et a remporté la deuxième place.

EMMANUELLE PAGANO

Aut pagano emmanuelle« Je suis est née en septembre 1969 dans l'Aveyron, je vis et travaille sur le plateau ardéchois, mais parfois je m'échappe en résidence vers des lieux plus confortables où j'écris sans me préoccuper de la quantité de bois à rentrer. » , dit E. Pagano sur le site de son éditeur, P.O.L.

On apprend aussi qu' "Elle a raté son bac, l'a repassé, puis a fait en pointillés d'assez longues études en "Esthétique du cinéma et de l'audiovisuel". Elle a abandonné sa thèse sur « le cinéma cicatriciel » pour écrire des romans dans lesquels elle cherche encore à rouvrir et grattouiller des cicatrices, et tant pis si ça fait un peu mal. Elle est agrégée d'arts plastiques, matière indisciplinée considérée à tort comme mineure, enseignée au compte-gouttes et peut-être en voie de disparition. Après avoir habité sur le Vercors pendant sept ans, elle vient de s'installer sur le plateau ardéchois."

Emmanuelle Pagano est l'auteur de Le Travail de mourir, paru aux Éditions Les Inaperçus en 2014. Ce livre faisait partie de la sélection du Prix Grain de Sel 2015 (voir la fiche de lecture ici

Ouvrages récents parus aux Éditions P.O.L :

- Le Tiroir à cheveux, (2005), Prix TSR du roman en 2006

- Les Adolescents troglodytes, en 2007

- Les Mains gamines(2008), Prix Wepler 2008 et Prix Rhône-Alpes du Livre 2009

- L'Absence d'oiseaux, 2010

- Le Renard à mains nues, 2012

- Nouons-nous, 2013

- Lignes et fils, 2015, premier tome d’une Trilogie des rives 

ÉRIC PESSAN

Pessan"Éric Pessan, né en 1970 à Bordeaux, est un écrivain français. Il est auteur de plusieurs romans, de fictions radiophoniques, de textes de théâtre, ainsi que des textes en compagnie de plasticiens. Il anime également des rencontres littéraires et des débats, ainsi que des ateliers d’écriture. Il collabore aussi régulièrement au site Remue.net."

Les participants  aux rencontres littéraires du Sel des Mots connaissent bien Éric Pessan qui anime depuis deux ans les rencontres avec les auteurs et les éditeurs invités par l'association.

Son ouvrage, Le syndrome Shéhérazade, paru aux Éditions de l'Attente, a reçu le Prix Grain de Sel 2015 (voir un article critique sur ce livre paru sur notre blog ici).

Ouvrages récents :

  • Muette, Albin Michel, 2013

  • Le démon avance toujours en ligne droite,Albin Michel, 2015

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Textes en compagnie de plasticiens

  • La fille aux loups, avec Frédéric Khodja, Editions du Chemin de fer, 2014

 Nouvelles

Monde profond, Éditions de l'atelier In-8, 2012

Théâtre

- Dépouilles, éditions de l'Attente, 2012. 

Fictions radiophoniques

- La grande décharge (2011), créée sur France-Culture

Poésie

  • - Moonshiner, éditions Asphodèle, 2014.

Livres d'artistes

  • - Je suis mon monde, avec André Jolivet, éditions Voltije (2011).

HÉLÈNE RICE

Simon & Naslat"Hélène Rice est née en 1972 à Nice.

 De père anglais et de mère italienne, Hélène Rice passe son enfance entre la France, l´Italie, les États-Unis et l'Angleterre. Son intérêt pour les cultures et identités l´orientent naturellement vers des études d´ethnologie, de sociologie et de science politique. Professeur des écoles, spécialisée en Français Langue Seconde, elle enseigne actuellement auprès d´enfants non-francophones. Elle est également formatrice en français auprès d´adultes migrants."

L'album Simon et Naslat, illustré par Ninamasina, paru aux Éditions Philomèle a fait partie de la sélection du Prix Petit Grain de Sel 2015 et a reçu "Le Clin d'oeil du Jury"

Les illustrateurs

NINAMASINA

sera également présent sur le salon

SÉBASTIEN TOUACHE

Th da5e16601f250cbccac0262e6fdf5933 1424957800noisettecouv"Sébastien Touache est né dans la banlieue lyonnaise en 1982. C’est dès son enfance qu’il se passionne pour l’image dessinée, nourri autant par la culture du dessin animé nippon (qui déboule massivement sur la France) que par les classiques de la bande dessinée franco-belge.
Aprés quelques années passées en Afrique, il rejoint la métropole et s’oriente tout naturellement vers les arts appliqués. C’est d’ailleurs à l’école qu’il rencontre ses futurs collaborateurs, avec qui il fonde le collectif Jeanspezial en 2006. Parallélement à son activité en galerie, il travaille en tant qu’illustrateur commercial chez les Jeanclode, représentés par l’agence Lezilus à Paris et Pocko à Londres. Son activité s’articule donc entre pratique commerciale (publicité, édition) et personnelle (en galerie et en terrain avec ses compères de Jeanspezial). Il affectionne particulièrement «l’image débile qui fait rire les copains». 

Rencontre avec ISABELLE MINIÈRE

           I miniere 3Mercredi 25 février 2015, Isabelle Minière était l'invitée du Sel des Mots accueillie par la librairie L'Esprit Large pour une rencontre avec ses lecteurs animée par Éric Pessan.

          Isabelle Minière est écrivain, psychologue et hypnothérapeute. Elle écrit de courts romans dont les lecteurs du Sel des Mots sont familiers : Ce que le temps a fait de nous, paru aux éditions du Chemin de fer, faisait partie de la sélection du Prix Grain de Sel 2012 et Je suis très sensible, publié aux éditions Serge Safran, se comptait parmi les ouvrages de la sélection du Prix Grain de Sel 2015. L'assistance était nombreuse, cette soirée a été particulièrement chaleureuse et vivante, le public avait bien des questions à poser, il a été ravi par la disponibilité de l'auteur et ses amples explications.

          I miniere 1Cette rencontre par une lecture d'Isabelle Minière d'un passage de Je suis très sensible, qui a permis à ceux qui ne connaissaient pas ce roman de sentir aussitôt le porte-à-faux du narrateur et personnage principal, un être fragilisé par un "décalage intérieur", semblable à un "verre fêlé". C'est lui, ce Grégoire, qui a donné naissance à l'histoire. Il serait un frère lointain de" l'Étranger" d'Albert Camus au début du roman, ou encore du Grégoire Samsa de F. Kafka dans La Métamorphose, un homme sans affects, un personnage sans ambition professionnelle que les événements de l'actualité ne semblent pas concerner. Cependant, le titre prévient qu'il ne faut pas s'y tromper, Grégoire est peut-être au contraire trop sensible. Ses rêves, ses souvenirs d'enfance sont une composante importante du récit. Ils montrent que Grégoire vit dans son monde intérieur et l'indifférence qu'il oppose à la mort du Président, par exemple, n'est que le revers de sa douleur causée par des morts plus graves pour lui, celle de sa voisine, celle du petit garçon.

          I miniere 2La désintégration du personnage va suivre le choc causé par trois événements, la nouvelle de la mort du Président qui active de douloureux souvenirs, le film Les Bêtes sauvages et l'arrivée de Vivien, brillant jeune philosophe qui charme Agathe, la femme de Grégoire. Éric Pessan souligne la qualité de l'écriture qui suit le regard du narrateur mais donne des informations au lecteur dont ce narrateur n'a pas conscience, "il ne sait pas ce qu'il sait." Dès le début de l'histoire, Grégoire estime que "[sa] vie vie entière est une erreur." C'est un sentiment de soi qui s'oppose à tout parti-pris existentialiste, on ne se choisit pas.

          Isabelle Minière a aimé ce choix d'un narrateur masculin en première personne. C'est un procédé que l'on retrouve dans Ce que le temps a fait de nous et qui lui "donne une sorte de détachement qui [lui] permet d'y aller encore plus fort."  Il a en quelque sorte été imposé par "la logique du texte". L'auteur  insiste sur cette autonomie du texte qui "s'écrit". Éric Pessan lit une phrase de Je suis très sensible qui lui paraît illustrer ce mouvement à un mot près : "Le rêve est au courant de choses qu'on ne sait pas" devient : "Le texte est au courant de choses qu'on ne sait pas."  I. Minière approuve. L'essentiel est d'essayer d'écrire chaque jour. Parfois, certains romans en cours d'écriture s'arrêtent, souvent parce qu'un autre texte s'interpose qu'il devient urgent d'écrire. Mais ces "ratages" eux-mêmes sont utiles.

          I miniere 5Ya-t-il un lien entre la profession de psychologue et de thérapeute d'Isabelle Minière et les romans qu'elle écrit ? Les cas professionnels peuvent nourrir les romans, à son insu, mais l'auteur se défend d'écrire comme un psychologue. 

          C'est la première fois qu'I. Minière est éditée par Serge Safran, un éditeur qu'elle a rencontré dans un salon littéraire et dont elle a apprécié l'énergie qu'il met à défendre ses auteurs.

          Un lecteur, avant de partir, exprime par un beau témoignage le plaisir qu'il a eu à lire à haute voix avec son épouse Je suis très sensible, un roman qu'ils ne pouvaient quitter ni l'un ni l'autre.

I miniere 6

Merci à la librairie L'Esprit large pour son accueil !

          

 

"Le Syndrome Shéhérazade", d'Éric Pessan, aux Éditions de L'Attente

          Ce livre ne relève d'aucun genre romanesque connu. Imaginez plutôt que vous vous trouviez un soir dans un théâtre vide et que soudain se mettent à résonner dans l'obscurité des voix anonymes, orphelines, qui ne parlent pas entre elles, ne communiquent pas entre elles, énoncent simplement quelques phrases définitives, parfois une seule phrase, puis s'effacent, toutes différentes, chacune singulière. Parfois la même voix resurgit, complète sa déclaration précédente par un détail ou un événement, on croit saisir l'ébauche d'une histoire, mais on n'en saura pas davantage.

          Ni maxime, ni sentence, chacun de ces énoncés fragmentaires est un accès, au sens où l'on parle d'un accès d'humeur, est le nœud d'une émotion, exprime un sentiment, raconte une nostalgie, un regret, un espoir, livre un désir, une hantise, une peur. Ils sont comiques, pathétiques, tragiques. Nul ne leur répond. Jamais. Parfois, dans leur creux, tournent d'autres voix qui sont rapportées, celles d'êtres aimés, détestés, perdus. Parfois, les déclarations se percutent, s'accrochent l'une à l'autre, ce frottement change subtilement leur sens premier qui paraissait si évident, soudain on les entend autre et c'est merveilleux ou terrible comme toute révélation.

          Dsc 0094Pourtant, toutes ces phrases, nous les connaissions, il y a longtemps que leur banalité nous accompagne, elles font partie de la rumeur des jours et de leur solitude. Peut-être même les avons-nous prononcées. Mais telles qu'elles résonnent là, nous les écoutons pour la première fois. Éric Pessan a saisi chacune pour la ciseler, en faire ressortir la crête vive, donner à chaque fragment son rythme, son énergie propre. Il parvient à la fois à condenser tout ce que nous saurons du locuteur, à faire de chaque phrase une empreinte et à l'ouvrir à l'universel.

          Pourquoi Shéhérazade ? Peut-être pour rappeler que toute écriture est sous le coup d'un arrêt de mort, qu'elle est ce battement qui suspend la mort le temps d'une histoire, étend la nuit jusqu'à l'aube inéluctable où la lucidité aura le dernier mot. Alors on parle, pour s'étourdir, « On raconte des histoires pour ne pas mourir. Tant qu'on écrit, tant qu'on parle, tant qu'on écoute, on est en vie. C'est la syndrome Shéhérazade, on s'invente 1001 histoires par peur du silence définitif. » Et toutes ces paroles sont autant de messages lancés, comme de petites lueurs sur les dernières pages noires du livre où ils apparaissent en caractères blancs et où chutent des étoiles.

          Ajoutons que cet ouvrage est aussi un beau travail d'édition.

Le Syndrome Shéhérazade est lauréat du Prix Grain de Sel 2015

Éric Pessan sera présent au salon Nau-Belles Rencontres littéraires

N.R.

Rencontre avec Nathalie Constans

Mercredi 10 décembre 2014, à Lecture Gourmande, au Pouliguen

          Dsc01812Le Sel des Mots a invité Nathalie Constans, auteur entre autres ouvrages, de La Reformation des imbéciles et de Je suis pas la bête à manger, livre de la sélection du Prix Grain de Sel 2015, tous deux publiés aux éditions du Chemin de fer. La rencontre est animée par Éric Pessan. Une vidéo est disponible à la fin de cet article.

          Face à la trentaine de personnes de l'assistance, Nathalie Constans lit d'abord les premières pages de Je suis pas la bête à manger. Entrée en matière saisissante ! D'emblée, s'impose la voix d'un personnage singulier, No Ouère, d'apparence aussi fragile qu'étrange, animale peut-être, sauvage à coup sûr. La langue est familière et inouïe à la fois, ancrée dans une matérialité physique et cependant obsessionnelle.

          Chacun peut constater qu'écrire, pour Nathalie Constans, c'est donc bien "l'art de trouver une voix", comme le souligne É. Pessan qui signale aussi que ce livre, selon lui, est "le seul vrai roman publié par les éditions du Chemin de fer", par le souffle, la lenteur avec lesquelles il déploie l'action.

          Comment ce roman a-t-il commencé ? "C'est arrivé par le personnage de No Ouère. J'écris lentement, explique Nathalie Constans. J'avais envie de créer un personnage qui soit un petit animal, c'est l'animalité en lui qui m'intéressait. Je voulais un personnage humain avec des aspects qui soient ceux d'un animal." É. Pessan remarque que "No Ouère n'est pas un enfant sauvage, il a vécu avec ses grands-parents qui étaient comme lui."

         Dsc01813Le deuxième personnage qui arrive dans le livre est aussi celui qui a été inspiré en deuxième, c'est Ozer, l'elfe. Pour autant, il ne faudrait pas prendre ce roman pour une histoire destinée aux enfants. "C'est très sérieux, cette histoire d'elfe, insiste l'auteur, les elfes existent VRAIMENT". Celui-ci, en tout cas, a quelque chose du lapin d'Alice au Pays des merveilles. Le personnage d'Ubodie est venu en troisième. Pour chaque personnage, N. Constans a su "créer une langue". "Ce sont des langues plus que des personnages qui sont installées", analyse É. Pessan, "il y a une joie des langues." N. Constans confime : "Oui, j'ai une idée de personnage, et j'attends que sa langue vienne. Pour moi, la langue c'est physique, c'est de l'énergie en rapport avec le personnage."

         "Je suis obnubilée par la question de ce qui est sauvage", explique-t-elle. Surprise ! À ce moment, É. Pessan lance dans le petit espace de Lecture Gourmande  un air des Rolling Stones, "Donne-moi un abri", celui-là-même que N. Constans écoutait en écrivant Je suis pas la bête à manger. Elle l'écoutait en boucle, recherchait les différentes versions, ou des plages différentes, la batterie seule, ou M. Jaegger seul. Écrire est "un acte physique", et l'auteur aurait aimé être musicienne parce que la musique affirme sa dimension physique.

          Le monde de Je suis pas la bête à manger est celui d'après la catastrophe, même si on ne saura pas de quelle catastrophe il s'agit. C'est la "viile-monstre" de Détroit, inspirée par la ville de Détroit, aux États-Unis qui a fait faillite après la délocalisation de ses industries. N. Constans porte "une attention politique au monde", sans construction idéologique. "Je cherche des images, des sons. Ce qui m'intéresse, c'est les rapprochements que je peux faire. À Détroit, des animaux sauvages , des cerfs rouges, par exemple, sont revenus vivre en plein centre ville. Ça me fascine. Dans mes romans, j'essaie d'en faire quelque chose."

           Nathalie Constans lit un autre extrait de son roman, une lutte farouche entre No Ouère et Ubodie, commentée par Ozer.

          "L'animalité, c'est être aussi une proie", remarque É. Pessan.Dsc01814

          "Les personnages au départ ne peuvent pas communiquer. Ozer est un elfe qui protège No Ouère mais lui reste invisible. Ubodie est un personnage de Primo Lévi dans La Trève, "un enfant né d'Auschwitz", c'est-à-dire ici né "de la chaîne de montage", qui vient d'une catastrophe et va vers une autre catastrophe. Il témoigne de la déliquescence de la vie sociale.[...] C'est un peu ça chez moi, la lutte des classes."

          Cependant, ces personnages pour qui "rien n'est acquis", peu à peu se sauvent par la culture, ils gagnent une langue plus construite, par exemple.

          Dsc01820Une spécificité des éditions du Chemin de fer, c'est que chaque livre naît d'un texte d'écrivain auquel, après rédaction, l'éditeur associe le travail d'un plasticien, qui n'est pas un illustrateur. C'est "un frotté" entre deux sensibilités, précise Éric Pessan. L'auteur et l'artiste ne se connaissaient pas. Comment Nathalie Constans a-t-elle reçu le travail d'Anya Belyat-Giunta ?

          "Comme un cadeau ! C'est jubilant !" C'est un autre regard sur son texte : elle ne voulait pas de la couleur rose, et il y en a, elle a découvert aussi des aspects qu'elle ne soupçonnait pas si prégnants comme les thèmes de l'ingestion et de la digestion...

          "Quand j'écris, je vais vers un univers que je ne connais pas.", conclut Nathalie Constans, qui a ensuite répondu aux questions de l'assistance.

Voir et écouter la lecture de Je suis pas la bête à manger et des extraits de la rencontre sur vidéo. Merci à ceux qui ont rendu possible cette expérience ! : 

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