Avec les Éditions LE NOUVEL ATTILA

Rencontre passionnante avec un passionné, mercredi 26 novembre, à Lecture Gourmande au Pouliguen

          Le Sel des Mots a invité BENOÎT VIROT, éditeur, qui présente les éditions LE NOUVEL ATTILA. L'écrivain ÉRIC PESSAN anime cette rencontre.

          Selon B. Virot, on devient éditeur "surtout en ne réfléchissant pas". Avec deux amis trilingues, il a d'abord fondé une revue, Attila, pour publier des textes peu connus qu'ils appréciaient. Ils ont appris le métier en l'exerçant, et en 2007 ont fondé la maison d'édition.

        Dsc01796 Elle compte trois collaborateurs et a commencé par la publication d'ouvrages oubliés ou ignorés. On découvre de tels ouvrages pourvu qu'on ait "de la curiosité, l'envie de chercher et de ne pas se satisfaire de ce qui est donné". Pour B. Virot, "la découverte et la transmission" ont été des moteurs, il se sentait "chercheur d'or". Ancien lecteur de Gaston Leroux, il s'est d'abord intéressé aux auteurs de l'entre-deux guerres, à Giovanni Papini, l'auteur de Gog, aux ouvrages autour de l'insolite, de l'étrange et du fantastique. Ainsi, la maison a publié Les Jardins statuaires de Jacques Abeille dont elle a racheté les droits à Gallimard. Le livre, dont l'histoire éditoriale avait été marquée par la malchance et l'insuccès, se vend alors à 8000 exemplaires ! Le Nouvel Attila s'intéresse aussi aux livres étrangers parus depuis quelques années dans leur pays. Enfin, la maison d'édition met désormais en valeur  de jeunes auteurs vivants en les présentant dans une collection spécifique pour laquelle il a été fait choix d'une couverture bichrome rouge et blanche avec une jacquette carrée illustrée par une photographie en couleurs, de façon à allier classissisme et modernité. C'est dans cette collection qu'est paru Debout-payés, de Gauz qui est un succès de cette dernière rentrée littéraire.

        Dsc01797 Le Nouvel Attila conçoit chaque livre comme un" objet singulier". "Je veux que le lecteur ait la même surprise que moi en découvrant un ouvrage, dit B. Virot, je veux surprendre,donner envie de toucher un livre". Graphistes et illustrateurs contribuent à cette création. Les lycéens de Guérande qui ont aussi rencontré aujourd'hui B. Virot ont découvert avec Le Voyage imaginaire, le travail sur la couverture, les illustrations et la typographie. On peut prendre également comme exemple Sur la tombe du tisserand, un livre qui cache une frise à déployer, ou Ascension, dont le texte est accompagné par un jeu de vignettes à coller.

          La maison d'édition ne manque pas de projets, que l'on peut découvrir sur son site à partir de l'onglet "Laboratoire". Cet "espace est consacré à des projets éditoriaux exceptionnels, collectifs, pluriannuels, pour lesquels un journal en ligne rendra compte au fur et à mesure des chantiers et des choix, des dilemmes et des avancées", par exemple : le blog français d’Alberto Laiseca, auteur dont la maison a entrepris de traduire en équipe le gigantal Los Sorias (1500 pages).

          B. Virot n'oppose pas le papier et le numérique.  On peut regretter que la passage au numérique devienne une étape obligée parfois pour obtenir une subvention, mais Le Nouvel Attila s'attache plutôt à concevoir des réalisations propres au numérique. Dans le même esprit, il va adapter au papier (et non simplement imprimer sur papier) un texte qui n'existe que sous forme numérique, Farigoule Bastard.

          En conclusion : "Nous sommes les passeurs de l'ombre." Dsc01800

         Merci au groupe de lecteurs à haute voix qui a lu quelques extraits de Debout-payé de Gauz.

          Merci à Lecture Gourmande pour son accueil chaleureux.

Le Nouvel Attila

30 livres au catalogue

Publie 6 à 8 livres par an

Succès éditorial :  

Debout-payés de Gauz

          

 

 (article et photos N.R)