Les Petites Maisons d'Édition

Les Petites Maisons d'Édition sont des maisons d'édition qui sont indépendantes des grands groupes  comme Hachette, Gallimard ou Le Seuil et ne comptent pas plus de 300 titres à leur catalogue. 

Pour en savoir plus, deux articles de presse à lire :

- Dans Le Figaro, "Quand de nouvelles maisons d'édition jouent dans la cour des grands"

- Dans Le Monde, "Le Secteur du livre ne veut pas céder à la morosité" (édition abonnés)

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Veuillez nous retrouver sur notre nouveau site       http://leseldesmots.fr/

 

Lecture publique à Casa Cosy

La reprise des lectures publiques s'est effectuée ce dimanche 31 janvier, pour le plaisir de tous les participants, dans un lieu très convivial CASA COSY 2 rue du Croisic au Pouliguen.

Nous avons eu la joie de compter parmi nous monsieur Alain Pichon adjoint à la culture.

12605486 1000679543338862 6428805010470472213 o  Quelques extraits de la sélection du prix Grain de Sel ont été choisis.

 - Des extraits de... L'orage et la loutre de Lucien Ganiayre aux éditions de l'Ogre (Jo Moussy).

 - Des extraits de... Tryggve Kottar de Benjamin Haegel aux éditions du Chemin de Fer (Viviane Touahri).

 - Des extraits de... La chute de Toulon d'Alain Leroux aux éditions Delirium (Denise Ouisse)

 - Des extraits de... Le Caillou de Sigolène Vinson aux éditions Le Tripode (Claude Olivaux)

Ces lectures variées permettent de découvrir la richesse de la sélection. Viviane Touahri a clos cette première Lecture publique de l'année 2016 en partageant un extrait de Ce que le temps a fait de nous d'Isabelle Minière aux éditions du Chemin de Fer.

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Benoît VIROT rencontre des lycéens à Guérande

Benoît Virot est le fondateur des éditions Le nouvel Attila créées en 2007  et spécialisées dans la découverte de manuscrits atypiques. Le nouvel Attila a publié, par exemple, en 2014  Debout- payé de Gauz.

A l'initiative du Sel des Mots et suivi par l'association le projet a pris corps. Le 22 janvier Benoît Virot rencontrait les élèves de madame Naël (lycée Galilée) et de madame Aldeguer (lycée La Mennais)

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C'est avec beaucoup de passion que Benoît Virot leur transmet les joies et les difficultés de son métier tout en soulignant la nécessité d'une part de rêve, d'enthousiasme, d'imagination pour sortir des sentiers battus.

La qualité de l'écoute et des échanges s'explique par un travail des élèves en amont. Depuis septembre 2015 les élèves ont eu la chance de pouvoir découvrir le manuscrit de Jérôme Baccelli Carrières de sable. Fin décembre chaque classe a adressé son bilan à l'éditeur accompagné de questions sur son métier, sur les rapports entre l'éditeur et l'auteur... Certains vont même jusqu'à se lancer dans un travail d'écriture qu'ils confient à l'éditeur.

P1020428 copie          P1020436 1     Carrières de sable, comme le précédent roman de Jérome Baccelli  Aujourd'hui l'abîme publié en 2014, explore le monde complexe de l'entreprise, de la Finance.  Carrières de sable commence comme un thriller puis se transforme en essai avec une dimension sociale puis métaphysique. Le monde de la finance est comparé à du sable.

La lecture a donc été, pour les élèves, relativement difficile. Les enseignants ont eu recours à différents moyens pédagogiques pour capter l'intérêt et développer le plaisir de la lecture : mise en voix du texte, conception de maquettes de couverture, écriture....        P1020467        P1020462     P1020457 2  

Cette expérience de rencontre entre le monde scolaire et l'entreprise littéraire éveillera sans doute des vocations.... A n'en pas douter le battement d'aile du papillon peut provoquer un tremblement de terre !

Carrières de sable de Jérôme Baccelli paraîtra en mars 2016. Les élèves pourront alors apprécier le travail accompli grâce au dialogue entre l'éditeur et l'auteur.

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L'aventure se poursuivra au salon NAU BELLES RENCONTRES LITTERAIRES autour des métiers du livre les 29, 30 avril et 1 mai 2016

 

Eric Pessan questionne Benoît Verhille éditeur

"Délaissant les grands axes j'ai pris la contre-allée"  Cet extrait d'une chanson d'Alain Bashung a été à l'origine du nom de la maison d'édition fondée par Benoît Verhille.

La contre-allée évoque une volonté de différence mais aussi un lieu moins fréquenté qui serait propice à la rencontre, à l'échange ...

                                                               Eric pessan et benoit verhille

Ces regards multiples seront présents dès le premier ouvrage édité.   "A chacun sa Place" regroupait différents regards sur un ancien quartier industriel de Lille en complète rénovation : le quartier de Fives. Ce quartier en mutation est une réalité complexe.  Il faut questionner cette complexité pour ne pas simplifier. Ce choix conduit à une approche multiple : photos, textes de personnes de sensibilité différente, travail d'artistes en résidence tel l'écrivain Lucien Suel (D'Azur et d'acier), musique, et même utilisation du numérique pour des applications géolocalisées.

Il est possible de résumer la ligne d'édition de la Contre allée en soulignant trois buts principaux :

- Favoriser la mémoire pour ne pas oublier les racines

- Aider à la transmission des savoirs

- Susciter la réflexion par l'écoute, le dialogue, l'échange

Ces échanges s'effectuent aussi avec les traducteurs et les autres maisons d'édition comme la Fosse aux Ours qui publie les premiers textes d'Alfons Cervera tandis que la Contre allée publie les derniers textes.

 

 

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Rencontre de deux auteurs à propos d'un strudel aux pommes

Ce mercredi 25 novembre Adeline Nebojsa et Eric Pessan étaient conviés à échanger autour d'une nouvelle "Le Strudel aux pommes" parue aux éditions Lunatique.Adeline nebojsa

Adeline Nebojsa est à la fois auteure et ex-journaliste. Elle a vécu quelques années en Serbie et ses écrits sont influencés par les lieux, le contexte de guerre et par des personnages  façonnés par les évènements.

Eric Pessan présente l'ensemble des oeuvres d'Adeline Nebojsa : un premier roman "La toute petite fille monstre" 2011, une première nouvelle "Yolanda" 2014 et une deuxième nouvelle "le strudel aux pommes" 2015 tous parus aux éditions Lunatique.

Cette dernière nouvelle fait partie de la sélection. Tsi est le fruit illégitime des amours d'un rabbin et d'une chrétienne. Enfant non reconnue, mal aimée, elle mime, en enterrant un chat, la mort de son père. Elle essaie de suivre un rituel juif qu'elle ne maîtrise pas pour pouvoir respecter les croyances de ce père. Ce texte bien que très court pose beaucoup de questions : la reconnaissance, la nécessité de l'amour pour se construire, le poids de la religion, du regard des autres, l'importance des rites, du lien qu'ils représentent et de leur pouvoir libérateur... Le strudel aux pommes sera le moyen de tisser des liens, de parler de ce père absent mais supposé mort ... "Elle parlera à son fils de ses aïeux, qu'il ne soit pas né de rien. Elle imaginera pour lui leur légende...Mémoire trafiquée..."

Toutefois c'est ce premier roman déroutant "La toute petite fille monstre" qui retient particulièrement l'attention dans le contexte des évènements qui ont secoué l'actualité.  Pour cette fiction elle s'est inspirée d'un article lu dans un journal des balkans. Elle n'a pas changé les noms et essaie de raconter l'innommable, le caractère monstrueux de l'être humain dans un contexte de guerre.

Une arme et un uniforme peuvent transformer les êtres en leur donnant une puissance qu'ils n'avaient pas auparavant et la capacité de dominer les autres..."mieux vaut l'honnêteté d'une rafale de mitraillette que le supplice de l'espérance"....

L'objectif d'Adeline Nebojsa est de remettre en question nos confortables normes, de regarder les zones sombres de nous-mêmes, de nos autres nous-mêmes sans jamais chercher à être moralisateur.

Elle prépare un prochain roman "la compassion" qui paraîtra en 2016

 

Prix GRAIN DE SEL 2016

Cette année 14 titres (9 romans et 5 nouvelles ou textes courts) ont été sélectionnés pour le prix GRAIN DE SEL.

Le vote se déroulera le mercredi 24 février 2016 à 18h30 à la Mairie du Pouliguen salle 203.

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Le prix PETIT GRAIN DE SEL 2016

Le prix Petit Grain de Sel 2016 a été décerné à

"Au fond des Bois", de Alessandro Lumare, aux éditions Atelier du Poisson soluble

C'est l'histoire d'une petite fille perdue dans la forêt et recueillie par une ourse. Mais elle doit travailler, faire la cuisine pour bénéficier de l'hospitalité de l'ourse.

Cette petite fille ingénieuse va ruser pour retrouver ses parents.

Inspiré d'un conte traditionnel russe, Macha et l'Ours, l'illustrateur italien Alessandro Lumare revisite l'histoire avec beaucoup de poésie.

Il crée des histoires pleines de douceur qu'il donne à voir dans la mousse blanche au fond d'une marmite noire, d'une poêle. ..laissant une grande place au rêve, à l'imagination.

Le prix sera officiellement remis le samedi 30 avril 2016 au salon Nau Belles rencontres.

Les enfants des écoles primaires en lien avec le Sel des Mots seront amenés, d'ici là, à lire les 12 albums sélectionnés afin de mettre "leur grain de sel"

Rencontre littéraire

Page d'accueilMercredi 25 novembre 2015 à 18h30

Le Sel des Mots recevra A. Nebojsa auteure de "Le Strudel aux pommes"

paru aux éditions "Lunatique"

Elle sera questionnée par Eric Pessan

La rencontre aura lieu chez "Lecture Gourmande " 6 promenade du port au Pouliguen

Entrée gratuite. Les consommations sont à la charge de chacun

DENIS DUBOIS, une exposition

          Sur son site, DENIS DUBOIS se présente comme "photographe-graphiste" ou "manufacteur d'images". Il ne cache pas son goût pour le film L’Attaque de la moussaka géante et annonce que sa préférence va à la lecture du bottin.

          Poesie du gerondifL'artiste a réalisé des affiches, des compositions photographiques et des illustrations pour la couverture d'ouvrages parus aux Éditions du Tripode. Ce sont ces dernières dont on va pouvoir découvrir les planches au cours de l'exposition accueillie dans le hall du salon NAU BELLES RENCONTRES LITTÉRAIRES, au Pouliguen, les 27, 28 et 29 mars prochains. 

          Dans la tradition des collages surréalistes, Denis Dubois crée des gravures qui ouvrent à des mondes imaginaires. La fantaisie et surtout la liberté président au surgissement d'êtres et d'objets fabuleux, de plantes étranges - mais est-on si sûr qu'il s'agisse là d'objet ? ou n'est-ce pas plutôt un animal ? une fleur ? - Tels les mots-valises des poètes, les titres des oeuvres annoncent des unions pleines d'humour : l'on voit un "Porte-bouteille" apparaître dont la tête est un goulot tandis que le corps rappelle un palmipède. La poésie est là lorsque "Aimants" livre deux silhouettes unies d'amoureux blottis contre un cadran de montre comme dans un poème de Robert Desnos, mais elle va jusqu'à la cruauté lorsque "Ciseaux" montre des jumeaux dont les têtes en se réunissant actionnent les jambes-lames de l'un qui tranchent les jambes de l'autre. Rapprochements, osmoses, confusions entre sens propre et figuré font surgir des monstres charmants, insolites, inquiétants. La transformation se fait métamorphose qui révèle quelque nature perdue peut-être où se perdent bon sens et sens commun, où s'égarent l'ordre et la raison.

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Rencontre avec les Éditions du TRIPODE

          Dsc01903Mercredi 28 janvier 2015, la librairie  l'Embarcadère  à Saint-Nazaire a accueilli Le Sel des Mots pour une rencontre avec l'éditeur Frédéric Martin qui a présenté son travail et sa maison d'édition, Le Tripode. Éric Pessan animait cette soirée dense et aussi passionnante qu'est apparu passionné l'engagement de cet éditeur attaché à la conception, la réalisation et la publication de livres remarquables.

         Enfant,  F. Martin n'avait pas hésité à consacrer tout son argent de poche à l'achat d'un livre de Jules Verne, par goût de la lecture mais aussi par attirance pour le livre, plus désirable à ses yeux que tout autre objet. Faut-il voir dans cette anecdote les prémices du parcours qui va plus tard l'amener à suivre une formation aux métiers de l'édition et à faire un stage mémorable aux Éditions Viviane Hamy ? Les lecteurs doivent à cette collaboration la découverte et la publication, entre autres, de L'Art de la joie, de Sapienza Goliarda. Le tout jeune éditeur retire de ses premières expériences professionnelles la conviction que la fabrication d'un livre requiert d'abord de la cohérence, que chaque livre est un projet singulier qui doit être réfléchi et porté pour lui-même.

         "Le Tripode est né durant l’été 2013 de la scission des anciennes éditions Attila en deux entités indépendantes : Le Tripode et Le Nouvel Attila." 

          Dsc01905Le Tripode compte deux salariés, dont F. Martin, et une centaine d'intervenants. Le métier d'éditeur dans une petite maison d'édition apparaît comme celui d'un l'homme-orchestre qui gère la maison, tout en assurant la lecture des textes susceptibles d'être publiés, la conception et la fabrication des livres et leur diffusion.

          "Le catalogue reprend pour partie celui des éditions Attila, chaque auteur s'étant vu proposer de rejoindre la maison de son choix." Il propose trois entrées : Littératures, qui rassemble des romans, Arts, qui se tourne vers le graphisme et Ovnis, qui présente des ouvrages inclassables. "J'aimerais, dit F. Martin, que chaque livre soit à la fois littérature, art et ovni. Ovni oui, car un bon livre c'est ce qu'on n'a jamais vu avant."

          

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           Ce catalogue a aussi une réalité économique, c'est sur lui que repose la viabilité du projet de la maison qui a besoin d'une publication d'au moins huit romans par an. Or, assurer la publication de huit romans est un travail considérable, quoiqu'indispensable car il est garant de liberté. En effet, on ne peut pas faire reposer la survie de la maison sur le succès d'un livre ou sur un auteur-phare, ce serait une cause de fragilité pour la maison et de responsabilité pour cet auteur. Par ailleurs, ce sont parfois des ouvrages inattendus qui sont des succès d'édition. Récemment, le Tripode a eu de bonnes ventes pour L'Ancêtre, de Juan José Saer, traduit par Laure Bataillon (réédition) et La Poésie du Gérondif, de Jean-Pierre Minaudier, illustré par Denis Dubois. Le Tripode publie les albums d'Edward Gorey, résolument, même si le goût français n'est pas encore fait à cet humour.  La maison a fait sienne une formule de Francis Ponge : "Lorsque, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à l'écrivain pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éd. Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes." 

          F. Martin souligne qu'il faut environ 10 à 15 ans pour que son fonds permette à une maison d'édition d'atteindre un "point de libération" qui garantisse sa sécurité. Le catalogue constitue 20% du chiffre d'affaires.

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           Comment donner une place à un livre ? "Il faut aimer défendre le livre, ce livre, de façon à mettre en valeur le côté ovni du livre, à faire basculer ce qui est une faiblesse, sa singularité, son étrangeté, en avantage". Il y a une stratégie à trouver pour chacun. La presse joue un rôle, proportionnellement les livres des petites maisons d'édition ont davantage d'articles que ceux des grandes maisons. Et les librairies indépendantes ont également un rôle. Par exemple, ce sont les libraires qui ont assuré le succès du livre de Sapienza Goliarda, L'Art de la joie.

          Est-ce facile d'obtenir les droits d'un livre étranger ? Parfois, oui. Par exemple L'Homme qui savait la langue des Serpents, de l'auteur estonien Andrus Kivirähk, (traduit par Jean-Pierre Minaudier, Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger) a été traduit sans qu'il y ait eu de commande, mais le texte ne trouvait pas d'éditeur en France.  Quant à la réédition de livres, c'est la presse qui établit une différence entre première édition et réédition, pas le lecteur. Un livre comme Ma mère musicienne..., de Louis Wolfson (paru chez Attila), est "un des plus beaux que j'aie publiés", assure F. Martin. "L'auteur est schizophrène, le livre a été publié une première fois par les éditions Navarin en 1984. Malgré le caractère plus confidentiel de cette édition, le tirage est rapidement épuisé et l’ouvrage, devenu culte, circulait depuis plusieurs années sous forme de photocopie." La publication des ouvrages de Juan José Saer est aussi une belle histoire de la maison : L'éditeur Flammarion qui en détenait les droits ne s'intéressait plus à l'auteur, un écrivain argentin majeur, aussi connu que Borges dans son pays, et le livre L'Ancêtre était devenu indisponible.

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F. Martin lit alors l'incipit de L'Ancêtre, traduit par Laure Bataillon qui avait reçu pour ce livre en 1988 le prix de la meilleur traduction décernée par la Maison des Écrivains et des Traducteurs (MEET). Et c'est très beau !

          F. Martin cherche à entrer en "empathie" avec les auteurs. "Je ne touche pas au texte, je parle à l'auteur". Il ajoute : "Il n'y a pas de retouches, il y a de l'énergie à remettre."  L'attention va aussi à la formule graphique des livres, car la mise en page d'un texte est déjà une lecture. Il y a des choix de typographie, de format à faire, l'intervention d'un dessinateur à préparer...

          Quels sont les projets du Tripode pour 2015 ? Les Aventures du général Francoquin au pays des frères Cyclopus, de Yak Rivais, Lava, de Rémi David (poésie), et surtout à l'automne un gros projet, l'oeuvre du Charlotte Salomon, avec l'intégralité des planches dans le format original.

Merci à la librairie L'Embarcadère pour son accueil !

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LE TRIPODE ?

Le tripode (« trois pieds » en grec) est un symbole de stabilité : trois pieds trouvent toujours un équilibre. Une chaise ou une table à quatre pieds peuvent être bancales, un trépied jamais. Cela ne tient pas de la magie mais de la géométrie euclidienne : trois points non alignés forment à coup sûr un plan.

Ce nom rappelle les fondations sur lesquelles repose la maison d'édition – les littératures, les arts et les ovnis – et taquine les esprits cartésiens : associer un nom pareil avec un logo qui tient du cercle et du carré…

En littérature, tripode est le nom des soucoupes volantes dans La Guerre des mondes mais aussi celui qu’Alfred Jarry avait donné au cabanon sur pilotis qu’il s’était construit en bord de Seine, à Corbeil, et dans lequel il se reposait quand il en avait assez de Paris.

  L'Alpiniste, de Bernard Amy, ouvrage de la sélection du Prix Grain de Sel 2015, est publié aux éditions du Tripode.

 

Avec les Éditions LE NOUVEL ATTILA

Rencontre passionnante avec un passionné, mercredi 26 novembre, à Lecture Gourmande au Pouliguen

          Le Sel des Mots a invité BENOÎT VIROT, éditeur, qui présente les éditions LE NOUVEL ATTILA. L'écrivain ÉRIC PESSAN anime cette rencontre.

          Selon B. Virot, on devient éditeur "surtout en ne réfléchissant pas". Avec deux amis trilingues, il a d'abord fondé une revue, Attila, pour publier des textes peu connus qu'ils appréciaient. Ils ont appris le métier en l'exerçant, et en 2007 ont fondé la maison d'édition.

        Dsc01796 Elle compte trois collaborateurs et a commencé par la publication d'ouvrages oubliés ou ignorés. On découvre de tels ouvrages pourvu qu'on ait "de la curiosité, l'envie de chercher et de ne pas se satisfaire de ce qui est donné". Pour B. Virot, "la découverte et la transmission" ont été des moteurs, il se sentait "chercheur d'or". Ancien lecteur de Gaston Leroux, il s'est d'abord intéressé aux auteurs de l'entre-deux guerres, à Giovanni Papini, l'auteur de Gog, aux ouvrages autour de l'insolite, de l'étrange et du fantastique. Ainsi, la maison a publié Les Jardins statuaires de Jacques Abeille dont elle a racheté les droits à Gallimard. Le livre, dont l'histoire éditoriale avait été marquée par la malchance et l'insuccès, se vend alors à 8000 exemplaires ! Le Nouvel Attila s'intéresse aussi aux livres étrangers parus depuis quelques années dans leur pays. Enfin, la maison d'édition met désormais en valeur  de jeunes auteurs vivants en les présentant dans une collection spécifique pour laquelle il a été fait choix d'une couverture bichrome rouge et blanche avec une jacquette carrée illustrée par une photographie en couleurs, de façon à allier classissisme et modernité. C'est dans cette collection qu'est paru Debout-payés, de Gauz qui est un succès de cette dernière rentrée littéraire.

        Dsc01797 Le Nouvel Attila conçoit chaque livre comme un" objet singulier". "Je veux que le lecteur ait la même surprise que moi en découvrant un ouvrage, dit B. Virot, je veux surprendre,donner envie de toucher un livre". Graphistes et illustrateurs contribuent à cette création. Les lycéens de Guérande qui ont aussi rencontré aujourd'hui B. Virot ont découvert avec Le Voyage imaginaire, le travail sur la couverture, les illustrations et la typographie. On peut prendre également comme exemple Sur la tombe du tisserand, un livre qui cache une frise à déployer, ou Ascension, dont le texte est accompagné par un jeu de vignettes à coller.

          La maison d'édition ne manque pas de projets, que l'on peut découvrir sur son site à partir de l'onglet "Laboratoire". Cet "espace est consacré à des projets éditoriaux exceptionnels, collectifs, pluriannuels, pour lesquels un journal en ligne rendra compte au fur et à mesure des chantiers et des choix, des dilemmes et des avancées", par exemple : le blog français d’Alberto Laiseca, auteur dont la maison a entrepris de traduire en équipe le gigantal Los Sorias (1500 pages).

          B. Virot n'oppose pas le papier et le numérique.  On peut regretter que la passage au numérique devienne une étape obligée parfois pour obtenir une subvention, mais Le Nouvel Attila s'attache plutôt à concevoir des réalisations propres au numérique. Dans le même esprit, il va adapter au papier (et non simplement imprimer sur papier) un texte qui n'existe que sous forme numérique, Farigoule Bastard.

          En conclusion : "Nous sommes les passeurs de l'ombre." Dsc01800

         Merci au groupe de lecteurs à haute voix qui a lu quelques extraits de Debout-payé de Gauz.

          Merci à Lecture Gourmande pour son accueil chaleureux.

Le Nouvel Attila

30 livres au catalogue

Publie 6 à 8 livres par an

Succès éditorial :  

Debout-payés de Gauz

          

 

 (article et photos N.R)

Avec les Éditions La Fosse aux ours

           À l'initiative de l'association Le Sel des mots, une rencontre avec Jean-Pierre Balzan qui dirige les Éditions de La Fosse aux ours a été organisée  à la librairie L'Esprit large à Guérande, mercredi 2 avril, une semaine avant Le Salon de La Petite Édition du Pouliguen.

         A l esprit large  Jean-Pierre Balzan se présente comme un "petit éditeur indépendant". Interrogé par Éric Pessan, il raconte comment il a créé "tout doucement"dans les années 1997, sans diffuseur ni distributeur, une maison d'édition à Lyon, dans le quartier de La Fosse aux ours, avec une vocation de défricheur. Le succès qui a permis a l'entreprise de se poursuivre est venu assez rapidement avec la publication de Mon grain de sablede Luciano Bolis en 1997. Michel Polac a fait l'éloge du roman sur les ondes de France-Inter. Le catalogue rassemble aujourd'hui plus de quatre-vingt-dix titres en littérature française et étrangère. Chacun est assumé. Bien plus, L'éditeur reconnaît  qu'il dit "mes" livres en parlant des ouvrages publiés, "qu'il y a une appropriation". Et c'est désormais Harmonia Mundi qui est le diffuseur de La Fosse aux ours. Jp balzan e pessan

          Des romans pour le goût des histoires, quelques essais, mais pas de poésie ? Non, pas de poésie, mais des auteurs dont l'écriture saisit comme celle des grands poètes. Des exemples : Mario Rigoni Stern, que la Fosse aux ours a largement contribué à faire connaître en France en publiant tous ses livres (à l'exception de Histoire de Tönle, paru chez Verdier), Serge Airoldi, Jean-Pierre Spilmont...

          Et cette remarque de Jean-Pierre Balzan, à méditer :

Ed la fosse aux ours

"Le coût de fabrication d'un livre n'a jamais été aussi bas. Ce qui est difficile, c'est de vendre les livres", étant entendu que le livre est un objet, ce bel objet au papier tramé, à la couverture pourpre, ocre ou verte sur laquelle, longtemps, l'éditeur collait lui-même, à la main, une vignette soigneusement élaborée, choisie. Le travail du livre, sa diffusion, sa vente et sa lecture prennent du temps et restent un engagement, c'est ce que rappellent des rencontres comme celle-ci.

          

          Merci à Nadine Dumas de la librairie L'Esprit large d'avoir accueilli cette réunion.

         

Salon de La Petite Édition du Pouliguen, du vendredi 11 au dimanche 13 avril 2014, de 10h à 19h, salle Baudry

(Article initialement publié sur le site Grille de parole par Nema Revi.)

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