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Lecture publique à Casa Cosy

La reprise des lectures publiques s'est effectuée ce dimanche 31 janvier, pour le plaisir de tous les participants, dans un lieu très convivial CASA COSY 2 rue du Croisic au Pouliguen.

Nous avons eu la joie de compter parmi nous monsieur Alain Pichon adjoint à la culture.

12605486 1000679543338862 6428805010470472213 o  Quelques extraits de la sélection du prix Grain de Sel ont été choisis.

 - Des extraits de... L'orage et la loutre de Lucien Ganiayre aux éditions de l'Ogre (Jo Moussy).

 - Des extraits de... Tryggve Kottar de Benjamin Haegel aux éditions du Chemin de Fer (Viviane Touahri).

 - Des extraits de... La chute de Toulon d'Alain Leroux aux éditions Delirium (Denise Ouisse)

 - Des extraits de... Le Caillou de Sigolène Vinson aux éditions Le Tripode (Claude Olivaux)

Ces lectures variées permettent de découvrir la richesse de la sélection. Viviane Touahri a clos cette première Lecture publique de l'année 2016 en partageant un extrait de Ce que le temps a fait de nous d'Isabelle Minière aux éditions du Chemin de Fer.

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Benoît VIROT rencontre des lycéens à Guérande

Benoît Virot est le fondateur des éditions Le nouvel Attila créées en 2007  et spécialisées dans la découverte de manuscrits atypiques. Le nouvel Attila a publié, par exemple, en 2014  Debout- payé de Gauz.

A l'initiative du Sel des Mots et suivi par l'association le projet a pris corps. Le 22 janvier Benoît Virot rencontrait les élèves de madame Naël (lycée Galilée) et de madame Aldeguer (lycée La Mennais)

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C'est avec beaucoup de passion que Benoît Virot leur transmet les joies et les difficultés de son métier tout en soulignant la nécessité d'une part de rêve, d'enthousiasme, d'imagination pour sortir des sentiers battus.

La qualité de l'écoute et des échanges s'explique par un travail des élèves en amont. Depuis septembre 2015 les élèves ont eu la chance de pouvoir découvrir le manuscrit de Jérôme Baccelli Carrières de sable. Fin décembre chaque classe a adressé son bilan à l'éditeur accompagné de questions sur son métier, sur les rapports entre l'éditeur et l'auteur... Certains vont même jusqu'à se lancer dans un travail d'écriture qu'ils confient à l'éditeur.

P1020428 copie          P1020436 1     Carrières de sable, comme le précédent roman de Jérome Baccelli  Aujourd'hui l'abîme publié en 2014, explore le monde complexe de l'entreprise, de la Finance.  Carrières de sable commence comme un thriller puis se transforme en essai avec une dimension sociale puis métaphysique. Le monde de la finance est comparé à du sable.

La lecture a donc été, pour les élèves, relativement difficile. Les enseignants ont eu recours à différents moyens pédagogiques pour capter l'intérêt et développer le plaisir de la lecture : mise en voix du texte, conception de maquettes de couverture, écriture....        P1020467        P1020462     P1020457 2  

Cette expérience de rencontre entre le monde scolaire et l'entreprise littéraire éveillera sans doute des vocations.... A n'en pas douter le battement d'aile du papillon peut provoquer un tremblement de terre !

Carrières de sable de Jérôme Baccelli paraîtra en mars 2016. Les élèves pourront alors apprécier le travail accompli grâce au dialogue entre l'éditeur et l'auteur.

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L'aventure se poursuivra au salon NAU BELLES RENCONTRES LITTERAIRES autour des métiers du livre les 29, 30 avril et 1 mai 2016

 

Rencontre avec Emmanuelle Pagano

      Passionnante rencontre avec Emmanuelle Pagano, mercredi 29 avril à la bibliothèque Anita Conti à La Turballe.

      C'est un plaisir qu'une soirée avec Emmanuelle Pagano. Interrogée par Éric Pessan, elle parle volontiers et avec précision de ses recherches et du travail d'écriture. Cette ouverture permet au lecteur de découvrir comment sont nées les œuvres et quelles relations sont nouées entre elles et l'auteure, tout en préservant la part autobiographique la plus intime.

      Dsc02049reducLes ouvrages écrits sont déjà nombreux, ils sont disposés sur la table devant l'auteure qui entame cette rencontre par la lecture d'un extrait du Travail de mourir, publié aux éditions Les Inaperçus, et présent dans la sélection du Prix Grain de Sel 2015. Lors du salon Nau Belles Rencontres littéraires, nous avions déjà eu la chance d'écouter Emmanuelle Pagano lire En cheveux et Ligne 12. Nous avions déjà pu apprécier sa voix légèrement voilée, sa diction glissante, un peu chantante, ou parfois saccadée qui servent bien ses phrases elliptiques au rythme souple.

      Le Travail de mourir (fiche) donne d'emblée l'occasion d'aborder la question de la part autobiographique dans l'écriture des romans. L'auteure n'écrit qu'à partir de faits qui se sont réellement passés, les personnages sont construits à partir des personnes qu'elle connaît. L'écriture opère des glissements, des juxtapositions à partir de ces éléments bien réels. Ainsi un oncle a servi de modèle à celui que l'on rencontre dans Le Travail de mourir, mais cet homme est encore vivant, et n'a jamais été croque-mort. E. Pagano ne tricote pas, mais le thème de la laine présent dans ce roman est un écho de l'histoire familiale : les grands-parents maternels producteurs de fromage élevaient des brebis. Les Adolescents troglodytes est bien, comme le souligne É. Pessan, « un mélange d'éléments biographiques et de fiction », mais de façon décalée : le personnage de transsexuelle a beaucoup de l'auteure alors qu'elle n'est pas transsexuelle. On retrouve le même procédé dans Le Tiroir à cheveux où, en se mettant à la place du personnage de la voisine, l'auteur a pu parler d'elle. Inversement, L'Absence d'oiseaux d'eau est l'ouvrage le plus autofictionnel d'E. Pagano, alors qu'il est le « plus loin » d'elle.

      Il arrive que l'écriture ainsi suscitée explore de façon quasi médiumnique des veines insoupçonnées. Ainsi la ferme jouée aux cartes et perdue par l'arrière-grand-père fait-elle peut-être retour dans « le lieu perdu » évoqué dans Le Travail de mourir.

      Consciente de ces interférences, E. Pagano s'intéresse désormais à la psychogénéalogie des lieux de vie.

      Dsc02048reducCe qui est certain est que « l'écriture m'a aidée à me structurer », dit-elle, en précisant : « si je n'avais pas écrit, je pense que je serais devenue borderline. ». L'écriture permet d'explorer ces zones « borderline ». Et plus important encore : « Il faut travailler sur les fragilités, sur ce qu'on ne sait pas faire. » Ainsi le travail d'écriture est-il au plus près de celui d'un tissu de soie.

      L'autre source des romans est toujours une solide documentation. Le tome 2 de la Trilogie des rives actuellement en cours d'écriture (Le tome 1, Ligne & Fils est vient de paraître chez P.O.L) a nécessité 2 ans de recherches consignées dans 50 dossiers de documents écrits ou scannés. Ce goût pour le document,'E. Pagano le manifeste jusque dans ces choix cinématographiques : elle marque son intérêt pour les films documentaires comme le magnifique et bouleversant Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman. Il souligne sa relation toujours forte au réel. C'est dire combien l'invitation du Musée des Confluences de Lyon à écrire un texte dont la matière serait un objet de ses collections a pu la toucher. C'est de cette sollicitation qu'est né le très beau récit En cheveux, publié aux éditions Invenit. Il y est question d'un fabuleux châle en soie de mer...

      Dsc02050reducLe Travail de mourir ouvre aussi la question de la place des images dans l'écriture. Pour ce roman, c'est la photographe, Claude Rouyer (voir le site de l'artiste ICI) qui a initié le travail à partir d'une de ses séries de photographies, Les Veuves. L'éditeur a ensuite publié le texte mais en imposant son propre choix parmi les photos qui avaient inspiré le texte. Emmanuelle Pagano le dit : « j'aime les images , « je ne me méfie pas des images. » Elle aurait voulu être photographe, faire des films, a suivi des études d'Arts du Spectacle Audiovisuel, option cinéma. Elle est agrégée d'arts plastiques. Cette importance des images est d'autant plus remarquable que l'écrivaine n'en use qu'avec rigueur dans son écriture. Il faudrait que le lecteur cherche longtemps pour trouver dans un livre d'E. Pagano une comparaison ou une métaphore décorative ! Elle use d'une langue précise, en prise avec le réel, où la figure fait prendre corps à ce qu'elle évoque. L'image doit « apporter un sens, du réalisme, de l'histoire, sinon ce n'est pas nécessaire », disait déjà E. Pagano dans une interview au Matricule des Anges, n° 96, de novembre 2008.

      C'est donc tout naturellement que l'écrivaine a récemment travaillé avec un chorégraphe, autre façon d'explorer concrètement la mise en espace de l'écriture, « le texte sort du livre .»

      Y a-t-il un lieu favorable à l'écriture pour E. Pagano qui a souvent écrit en résidence ces dernières années ? « J'ai besoin d'être en résidence pour avoir des sous, pas pour écrire, dit-elle, mais ces changements de lieux font découvrir des choses », par exemple l'univers des marais qu'elle trouve fascinant depuis une résidence au lac de Grandlieu. Elle reconnaît aussi qu'il est intéressant parfois d'être à distance pour écrire sur un sujet.

      Son rapport aux commandes d'écriture, nombreuses, qui lui sont passées est jugé « stimulant ». Il fixe un cadre et un délai. Cependant, il est impossible d'honorer toutes les commandes, et d'ailleurs P.O.L, l'éditeur d'E. Pagano, ne le veut pas.

      Au passage, elle rend hommage à cet éditeur capable de publier un livre sans indiquer « roman » sur la couverture en guise d'argument commercial. P.O.L préserve un espace d'écriture. Il affirme également cette volonté en éditant des quatrième de couverture qui exposent de façon neutre un extrait de l'ouvrage.

      Dsc02051reducTout au long de cette rencontre, initiée par Le Travail de mourir et son personnage de tricoteuse à domicile, a couru le thème du fil, du tissu, du tissage, du texte. On y trouve un châle, une chevelure dénouée (En cheveux), des cheveux qui peuvent être aussi cordons ombilicaux (Le Tiroir à cheveux), une toile d'araignée (Les Mains gamines), une navette (Les Adolescents troglodytes). Explorer ce thème serait toucher à une des sources du poétique dans l'œuvre d'E. Pagano. Chaque livre est un entrelacement, on l'a vu entre fiction et autobiographie, mais aussi entre, par exemple, passé et présent, légende et Histoire. Nouons-nous mêle, de l'aveu même de l'auteur, « toutes les histoires que je n'aurais pas le temps d'écrire. » Ce thème du fil est puissamment associé au thème de l'eau qui court, du lac matriciel au fleuve dont le courant entraîne le mouvement des moulinages. Il y a jusqu'à ce titre merveilleusement ambigu lorsqu'on le lit sans l'entendre prononcer : Ligne & Fils, qui joue sur l'évocation de la lignée familiale, du réseau aquatique, de l'étoffe tissée et du texte tracé où vie et mort sont mêlées.

On ne saurait trop recommander une visite du blog d'Emmanuelle Pagano où l'on trouvera des présentations de ses ouvrages, en particulier une vidéo passionnante où elle parle de Ligne & Fils : ICI

Merci à la bibliothèqie Anita Conti pour son accueil.

Rencontre avec ISABELLE MINIÈRE

           I miniere 3Mercredi 25 février 2015, Isabelle Minière était l'invitée du Sel des Mots accueillie par la librairie L'Esprit Large pour une rencontre avec ses lecteurs animée par Éric Pessan.

          Isabelle Minière est écrivain, psychologue et hypnothérapeute. Elle écrit de courts romans dont les lecteurs du Sel des Mots sont familiers : Ce que le temps a fait de nous, paru aux éditions du Chemin de fer, faisait partie de la sélection du Prix Grain de Sel 2012 et Je suis très sensible, publié aux éditions Serge Safran, se comptait parmi les ouvrages de la sélection du Prix Grain de Sel 2015. L'assistance était nombreuse, cette soirée a été particulièrement chaleureuse et vivante, le public avait bien des questions à poser, il a été ravi par la disponibilité de l'auteur et ses amples explications.

          I miniere 1Cette rencontre par une lecture d'Isabelle Minière d'un passage de Je suis très sensible, qui a permis à ceux qui ne connaissaient pas ce roman de sentir aussitôt le porte-à-faux du narrateur et personnage principal, un être fragilisé par un "décalage intérieur", semblable à un "verre fêlé". C'est lui, ce Grégoire, qui a donné naissance à l'histoire. Il serait un frère lointain de" l'Étranger" d'Albert Camus au début du roman, ou encore du Grégoire Samsa de F. Kafka dans La Métamorphose, un homme sans affects, un personnage sans ambition professionnelle que les événements de l'actualité ne semblent pas concerner. Cependant, le titre prévient qu'il ne faut pas s'y tromper, Grégoire est peut-être au contraire trop sensible. Ses rêves, ses souvenirs d'enfance sont une composante importante du récit. Ils montrent que Grégoire vit dans son monde intérieur et l'indifférence qu'il oppose à la mort du Président, par exemple, n'est que le revers de sa douleur causée par des morts plus graves pour lui, celle de sa voisine, celle du petit garçon.

          I miniere 2La désintégration du personnage va suivre le choc causé par trois événements, la nouvelle de la mort du Président qui active de douloureux souvenirs, le film Les Bêtes sauvages et l'arrivée de Vivien, brillant jeune philosophe qui charme Agathe, la femme de Grégoire. Éric Pessan souligne la qualité de l'écriture qui suit le regard du narrateur mais donne des informations au lecteur dont ce narrateur n'a pas conscience, "il ne sait pas ce qu'il sait." Dès le début de l'histoire, Grégoire estime que "[sa] vie vie entière est une erreur." C'est un sentiment de soi qui s'oppose à tout parti-pris existentialiste, on ne se choisit pas.

          Isabelle Minière a aimé ce choix d'un narrateur masculin en première personne. C'est un procédé que l'on retrouve dans Ce que le temps a fait de nous et qui lui "donne une sorte de détachement qui [lui] permet d'y aller encore plus fort."  Il a en quelque sorte été imposé par "la logique du texte". L'auteur  insiste sur cette autonomie du texte qui "s'écrit". Éric Pessan lit une phrase de Je suis très sensible qui lui paraît illustrer ce mouvement à un mot près : "Le rêve est au courant de choses qu'on ne sait pas" devient : "Le texte est au courant de choses qu'on ne sait pas."  I. Minière approuve. L'essentiel est d'essayer d'écrire chaque jour. Parfois, certains romans en cours d'écriture s'arrêtent, souvent parce qu'un autre texte s'interpose qu'il devient urgent d'écrire. Mais ces "ratages" eux-mêmes sont utiles.

          I miniere 5Ya-t-il un lien entre la profession de psychologue et de thérapeute d'Isabelle Minière et les romans qu'elle écrit ? Les cas professionnels peuvent nourrir les romans, à son insu, mais l'auteur se défend d'écrire comme un psychologue. 

          C'est la première fois qu'I. Minière est éditée par Serge Safran, un éditeur qu'elle a rencontré dans un salon littéraire et dont elle a apprécié l'énergie qu'il met à défendre ses auteurs.

          Un lecteur, avant de partir, exprime par un beau témoignage le plaisir qu'il a eu à lire à haute voix avec son épouse Je suis très sensible, un roman qu'ils ne pouvaient quitter ni l'un ni l'autre.

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Merci à la librairie L'Esprit large pour son accueil !

          

 

"Le Syndrome Shéhérazade", d'Éric Pessan, aux Éditions de L'Attente

          Ce livre ne relève d'aucun genre romanesque connu. Imaginez plutôt que vous vous trouviez un soir dans un théâtre vide et que soudain se mettent à résonner dans l'obscurité des voix anonymes, orphelines, qui ne parlent pas entre elles, ne communiquent pas entre elles, énoncent simplement quelques phrases définitives, parfois une seule phrase, puis s'effacent, toutes différentes, chacune singulière. Parfois la même voix resurgit, complète sa déclaration précédente par un détail ou un événement, on croit saisir l'ébauche d'une histoire, mais on n'en saura pas davantage.

          Ni maxime, ni sentence, chacun de ces énoncés fragmentaires est un accès, au sens où l'on parle d'un accès d'humeur, est le nœud d'une émotion, exprime un sentiment, raconte une nostalgie, un regret, un espoir, livre un désir, une hantise, une peur. Ils sont comiques, pathétiques, tragiques. Nul ne leur répond. Jamais. Parfois, dans leur creux, tournent d'autres voix qui sont rapportées, celles d'êtres aimés, détestés, perdus. Parfois, les déclarations se percutent, s'accrochent l'une à l'autre, ce frottement change subtilement leur sens premier qui paraissait si évident, soudain on les entend autre et c'est merveilleux ou terrible comme toute révélation.

          Dsc 0094Pourtant, toutes ces phrases, nous les connaissions, il y a longtemps que leur banalité nous accompagne, elles font partie de la rumeur des jours et de leur solitude. Peut-être même les avons-nous prononcées. Mais telles qu'elles résonnent là, nous les écoutons pour la première fois. Éric Pessan a saisi chacune pour la ciseler, en faire ressortir la crête vive, donner à chaque fragment son rythme, son énergie propre. Il parvient à la fois à condenser tout ce que nous saurons du locuteur, à faire de chaque phrase une empreinte et à l'ouvrir à l'universel.

          Pourquoi Shéhérazade ? Peut-être pour rappeler que toute écriture est sous le coup d'un arrêt de mort, qu'elle est ce battement qui suspend la mort le temps d'une histoire, étend la nuit jusqu'à l'aube inéluctable où la lucidité aura le dernier mot. Alors on parle, pour s'étourdir, « On raconte des histoires pour ne pas mourir. Tant qu'on écrit, tant qu'on parle, tant qu'on écoute, on est en vie. C'est la syndrome Shéhérazade, on s'invente 1001 histoires par peur du silence définitif. » Et toutes ces paroles sont autant de messages lancés, comme de petites lueurs sur les dernières pages noires du livre où ils apparaissent en caractères blancs et où chutent des étoiles.

          Ajoutons que cet ouvrage est aussi un beau travail d'édition.

Le Syndrome Shéhérazade est lauréat du Prix Grain de Sel 2015

Éric Pessan sera présent au salon Nau-Belles Rencontres littéraires

N.R.

Le Prix PETIT GRAIN DE SEL 2015 décerné à "Un éléphant dans mon arbre", de Barroux, aux Éd. Kilowatt

          Le jury s'est réuni mercredi soir 4 février à la librairie L'esprit Large de Guérande. Huit membres étaient présents et chacun avait plusieurs titres à défendre car il semblait difficile de faire des choix ! Cette sélection est apparue à tous très intéressante avec des albums qui dérangeaient, qui interpellaient. Le travail graphique a fait rêver les uns et pas les autres, des histoires ont touché les uns et laissé les autres indifférents. La présence du seul conte de la sélection a relancé la discussion ...
          Un elephant ds un arbreUne heure après des échanges animés d'arguments, il restait encore quatre albums au centre de la table. Il a donc fallu passer au vote pour le dernier tour :
- Un éléphant dans mon arbre, de Barroux, aux éditions Kilowatt  a obtenu 4 voix
- Parle moi papa, de Christos, aux éditions  Utopique a obtenu 2 voix
- Le petit oiseau au grain de blé, de Michel Piquemal, aux éditions Bulles de savon a obtenu 2 voix
C'est donc l'album de Barroux qui est le Prix Petit Grain de Sel 2015
Simon & NaslatSimon et Naslat, de Hélène Rice, illustré par Ninamasina, édité par Philomèle, un très bel album dont la taille rappelle celui du carnet intime, l'histoire est très belle, la maquette originale, mais il ne convient pas à la tranche d'âge concernée par le Prix Petit Grain de Sel. L'assemblée lui a décerné le "Clin d'oeil du Jury" sur la proposition de Nadine, libraire à L'Esprit Large.
          Le Sel des Mots se réjouit d'avoir fait découvrir les douze albums de la sélection et leurs maisons d'édition aux neuf membres du jury. Cette soirée de vote a été un moment sympathique et enrichissant.
          Un autre album sera peut être choisi à la suite de l'initiative "Les enfants mettent leur grain de sel"...
(Compte rendu de F. Manin)

Le Prix FLEUR DE SEL décerné à Delphine Perret & sébastien Mourrain, pour BIGOUDI, Éd. Les Fourmis Rouges

Bigoudi les fourmis rouges

         Depuis le mois de septembre, les livres de la sélection circulaient dans les classes : 237 lecteurs et 5 livres pour découvrir le catalogue de 5 maisons d'édition. 

          Bigoudi, de Delphine Perret & sébastien Mourrain, aux Éditions Les Fourmis Rouges est lauréat du Prix Fleur de Sel 2015, avec 107 voix.

          Pour en savoir plus sur Bigoudi, voir le site : Le Grenier à livres, et pour découvrir les Éditions des Fourmis rouges, rien de mieux que de faire une visite de leur site !

Rendez-vous pour Nau Belles Rencontres , les 27, 28 et 29 mars prochains !

Rencontre avec les Éditions du TRIPODE

          Dsc01903Mercredi 28 janvier 2015, la librairie  l'Embarcadère  à Saint-Nazaire a accueilli Le Sel des Mots pour une rencontre avec l'éditeur Frédéric Martin qui a présenté son travail et sa maison d'édition, Le Tripode. Éric Pessan animait cette soirée dense et aussi passionnante qu'est apparu passionné l'engagement de cet éditeur attaché à la conception, la réalisation et la publication de livres remarquables.

         Enfant,  F. Martin n'avait pas hésité à consacrer tout son argent de poche à l'achat d'un livre de Jules Verne, par goût de la lecture mais aussi par attirance pour le livre, plus désirable à ses yeux que tout autre objet. Faut-il voir dans cette anecdote les prémices du parcours qui va plus tard l'amener à suivre une formation aux métiers de l'édition et à faire un stage mémorable aux Éditions Viviane Hamy ? Les lecteurs doivent à cette collaboration la découverte et la publication, entre autres, de L'Art de la joie, de Sapienza Goliarda. Le tout jeune éditeur retire de ses premières expériences professionnelles la conviction que la fabrication d'un livre requiert d'abord de la cohérence, que chaque livre est un projet singulier qui doit être réfléchi et porté pour lui-même.

         "Le Tripode est né durant l’été 2013 de la scission des anciennes éditions Attila en deux entités indépendantes : Le Tripode et Le Nouvel Attila." 

          Dsc01905Le Tripode compte deux salariés, dont F. Martin, et une centaine d'intervenants. Le métier d'éditeur dans une petite maison d'édition apparaît comme celui d'un l'homme-orchestre qui gère la maison, tout en assurant la lecture des textes susceptibles d'être publiés, la conception et la fabrication des livres et leur diffusion.

          "Le catalogue reprend pour partie celui des éditions Attila, chaque auteur s'étant vu proposer de rejoindre la maison de son choix." Il propose trois entrées : Littératures, qui rassemble des romans, Arts, qui se tourne vers le graphisme et Ovnis, qui présente des ouvrages inclassables. "J'aimerais, dit F. Martin, que chaque livre soit à la fois littérature, art et ovni. Ovni oui, car un bon livre c'est ce qu'on n'a jamais vu avant."

          

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           Ce catalogue a aussi une réalité économique, c'est sur lui que repose la viabilité du projet de la maison qui a besoin d'une publication d'au moins huit romans par an. Or, assurer la publication de huit romans est un travail considérable, quoiqu'indispensable car il est garant de liberté. En effet, on ne peut pas faire reposer la survie de la maison sur le succès d'un livre ou sur un auteur-phare, ce serait une cause de fragilité pour la maison et de responsabilité pour cet auteur. Par ailleurs, ce sont parfois des ouvrages inattendus qui sont des succès d'édition. Récemment, le Tripode a eu de bonnes ventes pour L'Ancêtre, de Juan José Saer, traduit par Laure Bataillon (réédition) et La Poésie du Gérondif, de Jean-Pierre Minaudier, illustré par Denis Dubois. Le Tripode publie les albums d'Edward Gorey, résolument, même si le goût français n'est pas encore fait à cet humour.  La maison a fait sienne une formule de Francis Ponge : "Lorsque, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à l'écrivain pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éd. Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes." 

          F. Martin souligne qu'il faut environ 10 à 15 ans pour que son fonds permette à une maison d'édition d'atteindre un "point de libération" qui garantisse sa sécurité. Le catalogue constitue 20% du chiffre d'affaires.

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           Comment donner une place à un livre ? "Il faut aimer défendre le livre, ce livre, de façon à mettre en valeur le côté ovni du livre, à faire basculer ce qui est une faiblesse, sa singularité, son étrangeté, en avantage". Il y a une stratégie à trouver pour chacun. La presse joue un rôle, proportionnellement les livres des petites maisons d'édition ont davantage d'articles que ceux des grandes maisons. Et les librairies indépendantes ont également un rôle. Par exemple, ce sont les libraires qui ont assuré le succès du livre de Sapienza Goliarda, L'Art de la joie.

          Est-ce facile d'obtenir les droits d'un livre étranger ? Parfois, oui. Par exemple L'Homme qui savait la langue des Serpents, de l'auteur estonien Andrus Kivirähk, (traduit par Jean-Pierre Minaudier, Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger) a été traduit sans qu'il y ait eu de commande, mais le texte ne trouvait pas d'éditeur en France.  Quant à la réédition de livres, c'est la presse qui établit une différence entre première édition et réédition, pas le lecteur. Un livre comme Ma mère musicienne..., de Louis Wolfson (paru chez Attila), est "un des plus beaux que j'aie publiés", assure F. Martin. "L'auteur est schizophrène, le livre a été publié une première fois par les éditions Navarin en 1984. Malgré le caractère plus confidentiel de cette édition, le tirage est rapidement épuisé et l’ouvrage, devenu culte, circulait depuis plusieurs années sous forme de photocopie." La publication des ouvrages de Juan José Saer est aussi une belle histoire de la maison : L'éditeur Flammarion qui en détenait les droits ne s'intéressait plus à l'auteur, un écrivain argentin majeur, aussi connu que Borges dans son pays, et le livre L'Ancêtre était devenu indisponible.

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F. Martin lit alors l'incipit de L'Ancêtre, traduit par Laure Bataillon qui avait reçu pour ce livre en 1988 le prix de la meilleur traduction décernée par la Maison des Écrivains et des Traducteurs (MEET). Et c'est très beau !

          F. Martin cherche à entrer en "empathie" avec les auteurs. "Je ne touche pas au texte, je parle à l'auteur". Il ajoute : "Il n'y a pas de retouches, il y a de l'énergie à remettre."  L'attention va aussi à la formule graphique des livres, car la mise en page d'un texte est déjà une lecture. Il y a des choix de typographie, de format à faire, l'intervention d'un dessinateur à préparer...

          Quels sont les projets du Tripode pour 2015 ? Les Aventures du général Francoquin au pays des frères Cyclopus, de Yak Rivais, Lava, de Rémi David (poésie), et surtout à l'automne un gros projet, l'oeuvre du Charlotte Salomon, avec l'intégralité des planches dans le format original.

Merci à la librairie L'Embarcadère pour son accueil !

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LE TRIPODE ?

Le tripode (« trois pieds » en grec) est un symbole de stabilité : trois pieds trouvent toujours un équilibre. Une chaise ou une table à quatre pieds peuvent être bancales, un trépied jamais. Cela ne tient pas de la magie mais de la géométrie euclidienne : trois points non alignés forment à coup sûr un plan.

Ce nom rappelle les fondations sur lesquelles repose la maison d'édition – les littératures, les arts et les ovnis – et taquine les esprits cartésiens : associer un nom pareil avec un logo qui tient du cercle et du carré…

En littérature, tripode est le nom des soucoupes volantes dans La Guerre des mondes mais aussi celui qu’Alfred Jarry avait donné au cabanon sur pilotis qu’il s’était construit en bord de Seine, à Corbeil, et dans lequel il se reposait quand il en avait assez de Paris.

  L'Alpiniste, de Bernard Amy, ouvrage de la sélection du Prix Grain de Sel 2015, est publié aux éditions du Tripode.

 

Réunion du Jury du Prix PETIT GRAIN DE SEL

Mardi soir 13 janvier avait lieu, à la librairie L'Esprit large à Guérande, la première rencontre du jury du Prix Petit Grain de SelSept membres du jury étaient présents sur les onze personnes qui ont souhaité participer à l'aventure pour ce Prix 2015.
Reunion juriy petit grain de sel 2015Cette année, ce sont les enfants qui ont découvert les albums avant les adultes ... Quelques classes ont déjà voté dans le cadre du projet « Les enfants mettent leur grain de Sel » en lien avec le Prix Petit Grain de Sel

C'est la même sélection d'albums qui circulent dans les classes : 4 classes de CP et 1 classe de CLIS à Ponchâteau, 3 classes de CP et 1 classe de CLIS à Blain, 1 classe de CP à St Lyphard, 4 classes au Pouliguen …

Après une heure d'échanges, une sélection de livres est partie vers Pornichet, une autre vers Sainte-Reine-de-Bretagne. Les livres vont circuler jusqu'à la fin du mois.
Nous nous sommes donné rendez-vous le mardi 3 février pour défendre notre coup de cœur et attribuer le Prix. 
Heureux les albums... !
Merci à toutes celles et tous ceux qui participent.
(informations et photo de Frédérique Manin)
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