éditeur

Benoît VIROT rencontre des lycéens à Guérande

Benoît Virot est le fondateur des éditions Le nouvel Attila créées en 2007  et spécialisées dans la découverte de manuscrits atypiques. Le nouvel Attila a publié, par exemple, en 2014  Debout- payé de Gauz.

A l'initiative du Sel des Mots et suivi par l'association le projet a pris corps. Le 22 janvier Benoît Virot rencontrait les élèves de madame Naël (lycée Galilée) et de madame Aldeguer (lycée La Mennais)

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C'est avec beaucoup de passion que Benoît Virot leur transmet les joies et les difficultés de son métier tout en soulignant la nécessité d'une part de rêve, d'enthousiasme, d'imagination pour sortir des sentiers battus.

La qualité de l'écoute et des échanges s'explique par un travail des élèves en amont. Depuis septembre 2015 les élèves ont eu la chance de pouvoir découvrir le manuscrit de Jérôme Baccelli Carrières de sable. Fin décembre chaque classe a adressé son bilan à l'éditeur accompagné de questions sur son métier, sur les rapports entre l'éditeur et l'auteur... Certains vont même jusqu'à se lancer dans un travail d'écriture qu'ils confient à l'éditeur.

P1020428 copie          P1020436 1     Carrières de sable, comme le précédent roman de Jérome Baccelli  Aujourd'hui l'abîme publié en 2014, explore le monde complexe de l'entreprise, de la Finance.  Carrières de sable commence comme un thriller puis se transforme en essai avec une dimension sociale puis métaphysique. Le monde de la finance est comparé à du sable.

La lecture a donc été, pour les élèves, relativement difficile. Les enseignants ont eu recours à différents moyens pédagogiques pour capter l'intérêt et développer le plaisir de la lecture : mise en voix du texte, conception de maquettes de couverture, écriture....        P1020467        P1020462     P1020457 2  

Cette expérience de rencontre entre le monde scolaire et l'entreprise littéraire éveillera sans doute des vocations.... A n'en pas douter le battement d'aile du papillon peut provoquer un tremblement de terre !

Carrières de sable de Jérôme Baccelli paraîtra en mars 2016. Les élèves pourront alors apprécier le travail accompli grâce au dialogue entre l'éditeur et l'auteur.

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L'aventure se poursuivra au salon NAU BELLES RENCONTRES LITTERAIRES autour des métiers du livre les 29, 30 avril et 1 mai 2016

 

Eric Pessan questionne Benoît Verhille éditeur

"Délaissant les grands axes j'ai pris la contre-allée"  Cet extrait d'une chanson d'Alain Bashung a été à l'origine du nom de la maison d'édition fondée par Benoît Verhille.

La contre-allée évoque une volonté de différence mais aussi un lieu moins fréquenté qui serait propice à la rencontre, à l'échange ...

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Ces regards multiples seront présents dès le premier ouvrage édité.   "A chacun sa Place" regroupait différents regards sur un ancien quartier industriel de Lille en complète rénovation : le quartier de Fives. Ce quartier en mutation est une réalité complexe.  Il faut questionner cette complexité pour ne pas simplifier. Ce choix conduit à une approche multiple : photos, textes de personnes de sensibilité différente, travail d'artistes en résidence tel l'écrivain Lucien Suel (D'Azur et d'acier), musique, et même utilisation du numérique pour des applications géolocalisées.

Il est possible de résumer la ligne d'édition de la Contre allée en soulignant trois buts principaux :

- Favoriser la mémoire pour ne pas oublier les racines

- Aider à la transmission des savoirs

- Susciter la réflexion par l'écoute, le dialogue, l'échange

Ces échanges s'effectuent aussi avec les traducteurs et les autres maisons d'édition comme la Fosse aux Ours qui publie les premiers textes d'Alfons Cervera tandis que la Contre allée publie les derniers textes.

 

 

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Rencontre littéraire

Page d'accueilMercredi 25 novembre 2015 à 18h30

Le Sel des Mots recevra A. Nebojsa auteure de "Le Strudel aux pommes"

paru aux éditions "Lunatique"

Elle sera questionnée par Eric Pessan

La rencontre aura lieu chez "Lecture Gourmande " 6 promenade du port au Pouliguen

Entrée gratuite. Les consommations sont à la charge de chacun

Rencontre littéraire - 28/10/2015

Dans le cadre du partenariat avec les bibliothèques
La prochaine rencontre de la vie du Prix Grain de Sel sera accueillie

Mercredi 28 octobre  à 18h30
 
bibliothèque Anita Conti
Espace Garlahy (place du marché) à La Turballe
 
l'invité Benjamin Haegel,
Auteur de Tryggve Kottar édité par les éditions du chemin de Fer
 
sera questionné par Eric Pessan
Comme à chaque fois, nous vous attendons nombreux
N'hésitez pas à faire circuler cette invitation
auprès de toutes personnes qui pourraient avoir envie d'assister à cette rencontre

Rencontre avec l'artiste André Jolivet

2015 05 10 andre jolivet portraitC'était la dernière rencontre organisée par Le Sel des Mots dans le cadre des animations autour de La vie littéraire du Prix Grain de Sel 2015, et elle a été exemplaire des "interférences de territoires intellectuels" pour reprendre la belle formule de Frédérique Manin, Médiatrice du Livre.

Ce fut un vrai plaisir de découvrir l'œuvre du plasticien André Jolivet, présentée par l'artiste en personne interrogé par Éric Pessan dans ce lieu si convivial qu'est Lecture gourmande sur la Promenade du Pouliguen.

 

 D'origine bretonne, installé à Plougonven, André Jolivet se présente comme un peintre, un photographe, un écrivain. Dès ses débuts, il a mêlé dessin et écriture, a porté un grand intérêt aux rapports entre l'image et l'écrit en faisant de fiches comptables ou de factures les supports de ses dessins. Il l'annonce d'emblée : « Pour moi, un écrivain est un artiste. » Un livre d'artiste est une œuvre d'art où se découvrent autant un texte qu'un travail plastique.

André Jolivet a ainsi réalisé plus de cent cinquante livres d'artistes avec ses propres textes ou en collaboration avec des auteurs.

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Les textes qu'il a eu envie d'accompagner sont ceux qui le « font voyager. » « Un texte, dit-il, c'est la part du rêve. J'essaie d'en dégager une image, une première, puis une deuxième... Ce ne doit pas être une illustration.»

Dsc02097essai reducLui-même est venu à l'écriture au début à partir de lettres, de mots, de signes ou de symboles souvent repris comme le motif du cercle ou du point, ou celui du hameçon. Leur formes récurrentes se retrouvent aussi sur les toiles de l'artiste. Il aime jouer avec la typographie. Le texte ne se donne pas dans l'évidence d'une lisibilité linéaire, il faut le reconstituer sur la page pour le voir apparaître car il convient de « ne pas trop expliquer le travail plastique. Chacun, chaque lecteur a son chemin. »

 

L'artiste présente son livre Le Langage des signes, coédité par Le Mot et Le reste et la Bibliothèque municipale de Brest à l'occasion d'une exposition. Elle rassemblait le fonds important de cette bibliothèque comprenant nombre de livres d’artistes témoignages du parcours artistique et des inspirations d'André Jolivet de 1995 à 2011.

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André Jolivet en profite pour préciser la distinction entre les livres d'artiste et les livres d'art. Les premiers comportent des œuvres originales, dessins, estampes, qui sont tirés à quelques exemplaires (de un à vingt), chacun étant unique puisque le travail y est fait à la main. Les seconds sont réalisés à partir de reproductions et leur format peut être réduit. Leur coût moindre leur permet alors d'être accessibles à un public plus large.

Le papier d'un livre d'artiste est lui aussi unique. Par exemple, A. Jolivet travaille au gaufrage de son papier. Il lui donne un toucher particulier, il s'assure de sa qualité pour absorber les encres et les dorures.

De tels livres d'artistes sont exposés dans des bibliothèques, comme cela a été le cas à Brest, dans des galeries d'art et, parfois, dans une ou deux librairies à Paris.

 

Decouvrir les livresComment travaille André Jolivet ? L'artiste se déplace beaucoup, et à pied. Il amasse alors quelques croquis et beaucoup de photos parmi lesquelles le choix sera en définitive étroit. Il est souvent accueilli en résidence, en Bretagne parce que la culture bretonne l'a marqué, qu'il trouve là une influence de l'enfance et que la mer est importante pour lui. Mais A. Jolivet est aussi allé en Allemagne, en Ukraine, en Pologne...

Son atelier, en Bretagne, est un lieu de travail, où il revendique parfois « de ne rien faire », car « ça chemine dans le temps. »

Il arrive qu'il ait à solliciter des auteurs autour d'un thème, ainsi pour la série « Le Monde des Îles », à laquelle Éric Pessan a contribué par un texte sur la Guadeloupe. Mais il ne lui est arrivé qu'une seule fois de faire une demande à un autre artiste pour un texte parce que, explique -t-il, « je n'ai pas forcément envie d'éditer le travail d'autres peintres. Je ne suis pas éditeur, mais artiste

E pessan lit reducDsc02098 reducPour terminer, Éric Pessan lit un passage de Guadeloupe, fabuleux texte qu'il faut entendre pour en goûter la musique créée par les onomatopées et mots articulés-désarticulés comme autant de variations autour du chant de crapauds en soirée.

 

Le public peut alors feuilleter les livres et les cartons à dessins apportés par l'artiste. Les peintures sont admirables, colorées comme certains univers orientaux, étoffes, tapis. Des formes apparaissent, des silhouettes mi-humaines, mi-animales, végétales aussi, et surtout géométriques, des signes ou des symboles où le cercle revient souvent. Il y a quelque chose de cosmique dans cet univers plastique qui saisit le regard et l'emporte d'œuvre en œuvre.

 

Pour poursuivre la soirée, la rencontre se prolonge autour d'un repas sur place avec des spécialités de Lecture gourmande.

  

Pour en découvrir davantage sur les éditions Le Mot et le reste, cliquer ICI.

Les livres édités par Le Mot et le reste sont disponibles dans les librairies partenaires du Sel des Mots : L'Esprit large à Guérande et L'Embarcadère à Saint-Nazaire (au rayon musique).


 


 


 

Atelier "Lecture de manuscrits" à Nau Belles Rencontres Littéraires 2015

         Benoît Virot, éditeur de la maison Le Nouvel Attila, a retrouvé les élèves du  Lycée La Mennais de Guérande pour un atelier "Lecture de manuscritsorganisé par Le Sel des Mots à l'occasion du salon NAU BELLES RENCONTRES LITTÉRAIRES 2015.

          Atelier lecture de manuscrits nbrl 2015Cette rencontre clôturait le projet suivi tout au long de l'année scolaire. Les élèves se sont glissés le temps de l'atelier à la place d'un éditeur confronté à la lecture de manuscrits parmi lesquels il va faire des choix. Va-t-il retenir certains pour une publication ? Sur quels critères va-t-il fonder ses décisions éditoriales ?

          Cet atelier a donné lieu de la part des lycéens à un florilège de commentaires que nous reproduisons ci-dessous :

Victoire « Cet atelier était très intéressant, il m’a permis de découvrir une des fonctions du métier d’éditeur : lire et juger la valeur de manuscrits ; j’ai particulièrement apprécié Soft Machine pour le travail de description et la fluidité des mots. Par contre, j’ai eu des difficultés à m’intéresser à Carrières de sable  à cause du choix de vocabulaire, parfois difficile à comprendre. J’aurais voulu lire plus de pages du manuscrit pour mieux juger du texte»  

Juline « Ça fait plaisir qu’un éditeur prenne en compte l’avis d’une lycéenne ! J’ai aimé, pendant quelques instants, me retrouver dans la peau d’un éditeur. »

Maëva « Votre idée de nous présenter trois manuscrits était vraiment judicieuse. J’aurais aimé les lire dans leur intégralité mais le temps nous manquait. Parmi les trois, je n’ai aimé que Soft Machine qui a su capter mon attention par un début intrigant mais pas déstabilisant et une fin bien tournée. Je le publierais sans hésiter ! Merci d’avoir pris le temps de nous rencontrer une nouvelle fois. Vous m’avez donné l’envie de travailler dans les métiers du livre. »

Alison «Des trois manuscrits, Carrières de sable a remporté mes suffrages ; j’en ai aimé l’écriture travaillée et étrange, l’impression d’un univers familier et déstabilisant. Je n’ai pas apprécié Tentative de campement à cause des longues phrases descriptives qui m’ont plongée dans l’ennui. Merci pour cet atelier original. » 

Lauriane « Entre Soft machine et Tentative de campement j’ai trouvé des ressemblances, des univers marginaux qui mettent en scène des laissés pour compte qui tentent de survivre dans un monde beau et hostile. Cela ressemble à des contes qui emportent le lecteur dans des mondes parallèles. C’est ça la lecture. »

Romain « Comme c’est difficile d’entrer dans un manuscrit, d’adhérer à une écriture ! Et vous faites cela tous les jours ! Chapeau bas ! Soft machine a tout de suite retenu mon attention !sans doute, par l’univers maritime, et les personnages déglingués et émouvants. J’aimerais connaître leur destinée. Alors allez-vous le publier ? »

Rozenn « J’ai aimé découvrir des manuscrits inédits, particulièrement Carrières de sable, par son style très contemporain qui s’adapte parfaitement au sujet, le fonctionnement de l’entreprise. La structure policière permet de rentrer facilement dans l’intrigue et l’originalité du vocabulaire renforce l’atmosphère. Tentative de campement ne manque pas de souffle … et il faut en avoir pour s’adapter au rythme des phrases. Merci pour votre patience et votre écoute bienveillante. »

Article transmis par Géraldine Aldeguer, des Éditions Le Nouvel Attila, via Soazig Berthelot 

Rencontre avec les Éditions du TRIPODE

          Dsc01903Mercredi 28 janvier 2015, la librairie  l'Embarcadère  à Saint-Nazaire a accueilli Le Sel des Mots pour une rencontre avec l'éditeur Frédéric Martin qui a présenté son travail et sa maison d'édition, Le Tripode. Éric Pessan animait cette soirée dense et aussi passionnante qu'est apparu passionné l'engagement de cet éditeur attaché à la conception, la réalisation et la publication de livres remarquables.

         Enfant,  F. Martin n'avait pas hésité à consacrer tout son argent de poche à l'achat d'un livre de Jules Verne, par goût de la lecture mais aussi par attirance pour le livre, plus désirable à ses yeux que tout autre objet. Faut-il voir dans cette anecdote les prémices du parcours qui va plus tard l'amener à suivre une formation aux métiers de l'édition et à faire un stage mémorable aux Éditions Viviane Hamy ? Les lecteurs doivent à cette collaboration la découverte et la publication, entre autres, de L'Art de la joie, de Sapienza Goliarda. Le tout jeune éditeur retire de ses premières expériences professionnelles la conviction que la fabrication d'un livre requiert d'abord de la cohérence, que chaque livre est un projet singulier qui doit être réfléchi et porté pour lui-même.

         "Le Tripode est né durant l’été 2013 de la scission des anciennes éditions Attila en deux entités indépendantes : Le Tripode et Le Nouvel Attila." 

          Dsc01905Le Tripode compte deux salariés, dont F. Martin, et une centaine d'intervenants. Le métier d'éditeur dans une petite maison d'édition apparaît comme celui d'un l'homme-orchestre qui gère la maison, tout en assurant la lecture des textes susceptibles d'être publiés, la conception et la fabrication des livres et leur diffusion.

          "Le catalogue reprend pour partie celui des éditions Attila, chaque auteur s'étant vu proposer de rejoindre la maison de son choix." Il propose trois entrées : Littératures, qui rassemble des romans, Arts, qui se tourne vers le graphisme et Ovnis, qui présente des ouvrages inclassables. "J'aimerais, dit F. Martin, que chaque livre soit à la fois littérature, art et ovni. Ovni oui, car un bon livre c'est ce qu'on n'a jamais vu avant."

          

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           Ce catalogue a aussi une réalité économique, c'est sur lui que repose la viabilité du projet de la maison qui a besoin d'une publication d'au moins huit romans par an. Or, assurer la publication de huit romans est un travail considérable, quoiqu'indispensable car il est garant de liberté. En effet, on ne peut pas faire reposer la survie de la maison sur le succès d'un livre ou sur un auteur-phare, ce serait une cause de fragilité pour la maison et de responsabilité pour cet auteur. Par ailleurs, ce sont parfois des ouvrages inattendus qui sont des succès d'édition. Récemment, le Tripode a eu de bonnes ventes pour L'Ancêtre, de Juan José Saer, traduit par Laure Bataillon (réédition) et La Poésie du Gérondif, de Jean-Pierre Minaudier, illustré par Denis Dubois. Le Tripode publie les albums d'Edward Gorey, résolument, même si le goût français n'est pas encore fait à cet humour.  La maison a fait sienne une formule de Francis Ponge : "Lorsque, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à l'écrivain pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éd. Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes." 

          F. Martin souligne qu'il faut environ 10 à 15 ans pour que son fonds permette à une maison d'édition d'atteindre un "point de libération" qui garantisse sa sécurité. Le catalogue constitue 20% du chiffre d'affaires.

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           Comment donner une place à un livre ? "Il faut aimer défendre le livre, ce livre, de façon à mettre en valeur le côté ovni du livre, à faire basculer ce qui est une faiblesse, sa singularité, son étrangeté, en avantage". Il y a une stratégie à trouver pour chacun. La presse joue un rôle, proportionnellement les livres des petites maisons d'édition ont davantage d'articles que ceux des grandes maisons. Et les librairies indépendantes ont également un rôle. Par exemple, ce sont les libraires qui ont assuré le succès du livre de Sapienza Goliarda, L'Art de la joie.

          Est-ce facile d'obtenir les droits d'un livre étranger ? Parfois, oui. Par exemple L'Homme qui savait la langue des Serpents, de l'auteur estonien Andrus Kivirähk, (traduit par Jean-Pierre Minaudier, Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger) a été traduit sans qu'il y ait eu de commande, mais le texte ne trouvait pas d'éditeur en France.  Quant à la réédition de livres, c'est la presse qui établit une différence entre première édition et réédition, pas le lecteur. Un livre comme Ma mère musicienne..., de Louis Wolfson (paru chez Attila), est "un des plus beaux que j'aie publiés", assure F. Martin. "L'auteur est schizophrène, le livre a été publié une première fois par les éditions Navarin en 1984. Malgré le caractère plus confidentiel de cette édition, le tirage est rapidement épuisé et l’ouvrage, devenu culte, circulait depuis plusieurs années sous forme de photocopie." La publication des ouvrages de Juan José Saer est aussi une belle histoire de la maison : L'éditeur Flammarion qui en détenait les droits ne s'intéressait plus à l'auteur, un écrivain argentin majeur, aussi connu que Borges dans son pays, et le livre L'Ancêtre était devenu indisponible.

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F. Martin lit alors l'incipit de L'Ancêtre, traduit par Laure Bataillon qui avait reçu pour ce livre en 1988 le prix de la meilleur traduction décernée par la Maison des Écrivains et des Traducteurs (MEET). Et c'est très beau !

          F. Martin cherche à entrer en "empathie" avec les auteurs. "Je ne touche pas au texte, je parle à l'auteur". Il ajoute : "Il n'y a pas de retouches, il y a de l'énergie à remettre."  L'attention va aussi à la formule graphique des livres, car la mise en page d'un texte est déjà une lecture. Il y a des choix de typographie, de format à faire, l'intervention d'un dessinateur à préparer...

          Quels sont les projets du Tripode pour 2015 ? Les Aventures du général Francoquin au pays des frères Cyclopus, de Yak Rivais, Lava, de Rémi David (poésie), et surtout à l'automne un gros projet, l'oeuvre du Charlotte Salomon, avec l'intégralité des planches dans le format original.

Merci à la librairie L'Embarcadère pour son accueil !

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LE TRIPODE ?

Le tripode (« trois pieds » en grec) est un symbole de stabilité : trois pieds trouvent toujours un équilibre. Une chaise ou une table à quatre pieds peuvent être bancales, un trépied jamais. Cela ne tient pas de la magie mais de la géométrie euclidienne : trois points non alignés forment à coup sûr un plan.

Ce nom rappelle les fondations sur lesquelles repose la maison d'édition – les littératures, les arts et les ovnis – et taquine les esprits cartésiens : associer un nom pareil avec un logo qui tient du cercle et du carré…

En littérature, tripode est le nom des soucoupes volantes dans La Guerre des mondes mais aussi celui qu’Alfred Jarry avait donné au cabanon sur pilotis qu’il s’était construit en bord de Seine, à Corbeil, et dans lequel il se reposait quand il en avait assez de Paris.

  L'Alpiniste, de Bernard Amy, ouvrage de la sélection du Prix Grain de Sel 2015, est publié aux éditions du Tripode.